CATÉGORIE Ordinateurs ANNÉE 1984 CONSTRUCTEUR Philips / Radiola / Schneider

Philips VG 5000 : la même machine sous trois marques

Fabriqué par Philips et vendu sous trois marques différentes après le rachat de Schneider et Radiola en 1984, le VG 5000 ne se distingue que par la couleur de son boîtier.

Philips VG 5000 et son lecteur de cassettes assorti, présentés côte à côte sur fond jaune
Philips VG 5000 et son lecteur de cassettes assorti, tels que présentés dans la presse spécialisée de 1984.
Spécifications techniques
ConstructeurPhilips / Radiola / Schneider (Hollande)
MicroprocesseurZilog Z80A (8 bits) à 4 MHz
Mémoire vive (RAM)16 Ko, extensible à 32 Ko · 8 Ko de mémoire vidéo dédiée
Mémoire morte (ROM)16 Ko Basic 80 Microsoft · 2 Ko de jeu de caractères
Affichage texte40×25 caractères, jeu ASCII + 128 caractères graphiques + 192 caractères utilisateur
Capacités graphiquesChipset SGS-Thomson EF9345 · 320×250 en 8 couleurs
Capacités sonores1 voie sur 5 octaves
Clavier63 touches AZERTY accentué, façon calculatrice ou Minitel
InterfacesPéritel RVB · cassette standard · cartouches et extensions

Le VG 5000 marque l'entrée de Philips sur le marché de la micro-informatique familiale en 1984, un segment où le groupe néerlandais n'était jusque-là présent qu'à travers ses téléviseurs et son matériel audio. La machine est développée en France, dans les laboratoires de la Radiotechnique (RTC), filiale française du groupe qui en assure aussi la fabrication.

Un rachat qui multiplie les marques pour une seule machine

La particularité la plus commentée du VG 5000 tient à sa distribution : à la suite du rachat des marques Schneider et Radiola par Philips en 1984, la même machine – carte mère et composants identiques – se retrouve vendue sous trois noms différents, avec pour seule distinction visible la couleur du boîtier, noir chez Philips, blanc chez Schneider comme chez Radiola.

Un positionnement tarifaire agressif face à la concurrence

À son lancement, le VG 5000 est proposé à un prix nettement inférieur à celui d'un micro-ordinateur MSX standard vendu à la même période, tout en visant directement les mêmes familles que l'Alice de Matra-Hachette ou le Laser 210, deux concurrents directs sur le segment des machines d'initiation à bas coût du marché français.

Un clavier jugé sévèrement par la presse de l'époque

Si le Basic Microsoft embarqué et la définition graphique de la machine sont plutôt bien accueillis à sa sortie, son clavier de type calculatrice, aux touches jugées trop petites, trop serrées et trop dures, reste le point le plus régulièrement critiqué par la presse spécialisée française, Tilt en tête, dans ses tests de l'époque.

Une fonction pratique héritée du monde professionnel

Une touche « contrôle » dédiée permet d'accéder directement à trente-trois fonctions préprogrammées, une facilité d'usage pensée pour simplifier la saisie de commandes Basic courantes sans avoir à les taper lettre par lettre, une approche que l'on retrouve alors sur plusieurs machines visant explicitement un public débutant.

Une extension mémoire annoncée mais tardive

Le module d'extension permettant de porter la mémoire vive de 16 à 56 Ko, pourtant annoncé dès le lancement de la machine, n'est réellement disponible dans le commerce que plusieurs mois plus tard, laissant les tout premiers acheteurs de la machine sans solution immédiate pour dépasser les limites de la configuration de base.

Une machine aujourd'hui recherchée pour sa rareté

La diffusion relativement modeste du VG 5000, comparée à celle de concurrents plus installés comme l'Amstrad CPC, en fait aujourd'hui une machine recherchée par les collectionneurs français, en particulier dans sa version Radiola ou Schneider, dont la diffusion a été plus limitée encore que celle de la version Philips d'origine.

Un chipset graphique moins courant que ses concurrents

Le VG 5000 s'appuie sur un chipset graphique SGS-Thomson EF9345, une puce d'origine française nettement moins répandue dans l'industrie que les circuits Motorola ou Texas Instruments utilisés par la majorité des concurrents de la même période. Ce choix reflète directement l'implication de la filiale française du groupe Philips dans la conception de la machine, plutôt qu'un simple assemblage de composants standards du marché international.

Cette architecture graphique propriétaire, si elle offre une définition honorable pour l'époque avec son mode 320×250, complique en revanche légèrement le développement de logiciels portés depuis d'autres plateformes, les studios devant réécrire une partie de leurs routines graphiques spécifiquement pour cette puce peu répandue ailleurs.

Un catalogue logiciel resté modeste

Le catalogue de cassettes de jeux disponibles pour le VG 5000 reste, dès son lancement, plus restreint que celui de concurrents mieux établis comme l'Amstrad CPC ou le Commodore 64, une conséquence directe d'une diffusion commerciale plus modeste qui limitait l'intérêt des studios de développement pour cette plateforme spécifique du marché français.

Restaurer un exemplaire aujourd'hui

Comme pour la plupart des micro-ordinateurs à cassette de cette génération, le lecteur externe assorti et son mécanisme de lecture restent le point de fragilité le plus fréquent lors d'une remise en service. Le connecteur Péritel, plus robuste que sur d'autres machines contemporaines, vieillit généralement mieux et facilite la reconnexion à un téléviseur moderne équipé de la même prise.

Elle reste une pièce à part dans toute collection consacrée aux machines familiales françaises du milieu des années 1980.

Questions fréquentes

Pourquoi le VG 5000 existe-t-il sous trois marques différentes ?

À la suite du rachat des marques Schneider et Radiola par Philips en 1984, la même machine s'est retrouvée vendue sous trois noms distincts, avec pour seule différence visible la couleur du boîtier selon la marque de commercialisation. Cette organisation commerciale, plutôt inhabituelle.

Le VG 5000 était-il un ordinateur MSX ?

Non, malgré une période de sortie proche de l'annonce du standard MSX en Europe. Philips a positionné le VG 5000 comme une machine d'initiation à bas coût, distincte de sa propre gamme MSX lancée un peu plus tard. Philips proposera plus tard sa propre gamme MSX, distincte du VG 5000.

Le clavier du VG 5000 était-il apprécié à sa sortie ?

Non, c'est le point le plus régulièrement critiqué par la presse spécialisée française de l'époque, en particulier Tilt, qui jugeait ses touches trop petites, trop serrées et trop dures comparées à celles des concurrents directs. Ce défaut de conception a probablement pesé sur l'image de la machine auprès du grand public.

Qu'apportait la touche « contrôle » du VG 5000 ?

Un accès direct à trente-trois fonctions Basic préprogrammées, pensé pour simplifier la saisie de commandes courantes sans avoir à les taper lettre par lettre, une facilité d'usage destinée à un public de débutants en programmation. Cette fonction reste un exemple assez rare, pour une machine de ce segment de prix.

L'extension mémoire du VG 5000 était-elle disponible dès le lancement ?

Non, malgré son annonce dès la sortie de la machine, le module portant la mémoire de 16 à 56 Ko n'est réellement arrivé dans le commerce que plusieurs mois plus tard, laissant les premiers acheteurs sans solution immédiate. Ce retard a probablement limité l'attrait de la machine auprès des utilisateurs les plus ambitieux.

Les versions Radiola et Schneider du VG 5000 sont-elles plus rares que la version Philips ?

Oui, leur diffusion commerciale a généralement été plus limitée que celle de la version Philips d'origine, ce qui en fait aujourd'hui des variantes particulièrement recherchées par les collectionneurs français spécialisés dans cette période. Elles témoignent aussi des stratégies de rationalisation de marque pratiquées par les grands groupes industriels de l'électronique durant cette période.