CATÉGORIE Ordinateurs ANNÉE 1983 CONSTRUCTEUR Matra-Hachette

Alice 32 Matra-Hachette : jusqu'au bras robotisé en périphérique

Vendue par Matra-Hachette dès 1983, l'Alice 32 adapte au marché français un micro-ordinateur américain, avec un catalogue de périphériques allant jusqu'à un bras robotisé.

Alice 32 Matra-Hachette avec moniteur Commodore, lecteur de cassettes, imprimante thermique et logiciels d'origine
L'exemplaire de la collection, avec son moniteur, son lecteur de cassettes et ses logiciels d'origine.
Spécifications techniques
ConstructeurMatra-Hachette (France), sous licence Tandy/Radio Shack
MicroprocesseurMotorola 6803 (8 bits) à 1 MHz
Mémoire vive (RAM)4 Ko, extensible jusqu'à 20 Ko avec une extension de 16 Ko
Mémoire morte (ROM)8 Ko, Basic Microsoft
Affichage texte32×16 caractères en 8 couleurs, avec vidéo inversée
Capacités graphiquesChipset Motorola 6847 · 64×32 en 8 couleurs · 160×125 en 4 couleurs avec extension
Capacités sonores1 voie sur 5 octaves
ClavierType calculatrice, AZERTY
InterfacesRS-232C · Péritel · lecteur de cassettes · bus d'extension
PériphériquesImprimante thermique 40 colonnes (895 F) · bras robotisé (3 995 F) · adaptateur UHF N&B (690 F)
Dimensions51 × 216 × 178 mm
Poids0,8 kg
Mise en vente1983
Prix1 200 F

L'Alice 32 est le résultat d'un accord de licence entre Matra, industriel français, et Hachette, grand groupe d'édition, qui adaptent au marché français le Tandy MC-10, un micro-ordinateur d'entrée de gamme américain commercialisé par Radio Shack. Cette association entre un industriel de l'aéronautique et de la défense et un éditeur de presse et de livres reste l'un des partenariats les plus atypiques de la micro-informatique française du début des années 1980.

Un partenariat pensé pour le marché grand public

L'implication de Hachette dans ce projet n'est pas anodine : le groupe dispose déjà d'un réseau de distribution en librairie et en kiosque bien plus large que celui des revendeurs spécialisés en informatique, ce qui permet à l'Alice 32 d'atteindre un public familial que la plupart des micro-ordinateurs concurrents, vendus surtout en magasins spécialisés, touchaient plus difficilement à l'époque.

Un processeur peu courant sur le marché français

Contrairement à la majorité des micro-ordinateurs 8 bits vendus en France à la même période, souvent bâtis autour d'un Zilog Z80 ou d'un MOS 6502, l'Alice 32 embarque un Motorola 6803, un choix hérité directement de l'architecture du Tandy MC-10 d'origine et qui limite en partie la compatibilité logicielle de la machine avec le reste du parc français.

Un catalogue d'accessoires qui va bien au-delà de l'informatique classique

Le catalogue officiel de périphériques Matra-Hachette pour l'Alice comprend, aux côtés d'une imprimante thermique 40 colonnes plus classique, un bras robotisé vendu 3 995 F : un accessoire pédagogique destiné à initier les jeunes utilisateurs à la robotique programmée, à une époque où ce type de périphérique restait rarissime sur une machine familiale vendue à ce tarif.

Une extension mémoire qui change la donne

En configuration de base, les 4 Ko de mémoire vive limitent sérieusement l'ambition des programmes utilisateur. L'extension mémoire officielle de 16 Ko, portant le total à 20 Ko, débloque un mode graphique supplémentaire (160×125 en 4 couleurs) et devient rapidement un achat quasi incontournable pour qui souhaite dépasser les simples démonstrations fournies avec la machine.

Une machine encore présente chez les collectionneurs français

L'Alice, précisément parce qu'elle n'a jamais visé un marché international comme ses concurrentes britanniques, reste aujourd'hui une machine essentiellement recherchée par des collectionneurs français, attachés à documenter cette période particulière où l'informatique personnelle grand public en France passait autant par les librairies que par les magasins spécialisés.

Le prix de vente relativement accessible de 1 200 F à sa sortie, combiné à la distribution via le réseau Hachette, en a fait pour beaucoup de foyers français un premier contact concret avec l'informatique personnelle, avant l'arrivée des générations suivantes de machines plus puissantes au milieu des années 1980.

Deux générations, deux ambitions

Après l'Alice 32, Matra-Hachette commercialise une révision, l'Alice 90, dotée d'une mémoire vive étendue et de capacités graphiques légèrement améliorées, tout en conservant l'essentiel de l'architecture d'origine. Cette continuité limite les changements nécessaires côté logiciel, une approche assez proche de celle observée chez d'autres constructeurs de la période soucieux de préserver la compatibilité entre générations successives d'une même gamme.

Un clavier pensé pour un public non spécialiste

Le clavier de type calculatrice, aux touches plates et resserrées, tranche nettement avec les claviers plus complets proposés par certains concurrents britanniques de la même période. Ce choix, dicté directement par l'architecture du Tandy MC-10 d'origine, reflète un positionnement clairement orienté vers l'initiation plutôt que vers un usage intensif de programmation au clavier.

Entretenir un exemplaire aujourd'hui

Comme sur la plupart des machines à cassette de cette génération, le lecteur intégré et ses courroies internes restent le point de fragilité le plus fréquent lors d'une remise en service. Les périphériques annexes, en particulier le bras robotisé, sont aujourd'hui nettement plus rares que la machine elle-même, ce qui en fait des pièces recherchées à part entière par les collectionneurs les plus complets.

Retrouver aujourd'hui un exemplaire complet, boîte, moniteur et logiciels d'origine compris, reste un objectif accessible mais patient, la machine ayant circulé dans une proportion bien plus modeste que ses grandes concurrentes britanniques de la même période.

Questions fréquentes

L'Alice 32 est-elle une machine française d'origine ?

Pas entièrement : elle adapte au marché français le Tandy MC-10, un micro-ordinateur américain de Radio Shack, sous un accord de licence entre Matra et Hachette, qui en assurent la distribution et le marketing en France. Ce type d'adaptation locale d'une machine étrangère, via un accord de licence plutôt qu'une conception entièrement nationale.

Pourquoi Hachette, un éditeur, s'est-il associé à Matra pour vendre un ordinateur ?

Hachette disposait d'un réseau de distribution en librairie et en kiosque bien plus large que les revendeurs spécialisés en informatique, ce qui a permis à l'Alice d'atteindre un public familial plus étendu que ses concurrentes directes. Cette stratégie de distribution élargie explique en partie pourquoi l'Alice reste aujourd'hui associée, dans la mémoire collective française.

Qu'apportait le bras robotisé vendu avec l'Alice ?

Un accessoire pédagogique destiné à initier les jeunes utilisateurs à la robotique programmée, vendu 3 995 F au catalogue officiel Matra-Hachette, un type de périphérique rarissime sur une machine familiale de ce tarif à l'époque. Cet accessoire reste aujourd'hui nettement plus rare que la machine elle-même sur le marché de la collection.

L'Alice 32 est-elle compatible avec les logiciels des autres micro-ordinateurs français ?

Peu, en raison de son processeur Motorola 6803, différent du Zilog Z80 ou du MOS 6502 utilisés par la plupart des machines concurrentes vendues en France à la même période, ce qui limitait fortement les échanges de logiciels entre plateformes.

Fallait-il obligatoirement l'extension mémoire pour profiter de l'Alice 32 ?

Pas obligatoirement, mais les 4 Ko de base limitent sérieusement l'ambition des programmes. L'extension officielle de 16 Ko, portant le total à 20 Ko, débloque un mode graphique supplémentaire et devient un achat quasi incontournable. Sans cette extension, la machine restait surtout adaptée à la découverte du Basic et à quelques programmes de démonstration.

L'Alice 32 est-elle recherchée par les collectionneurs aujourd'hui ?

Oui, principalement par des collectionneurs français, la machine n'ayant jamais visé un marché international. Elle documente une période où la distribution informatique grand public passait aussi bien par le réseau des librairies Hachette que par les circuits spécialisés classiques. Un exemplaire complet reste un objectif accessible mais patient pour un collectionneur.