| Constructeur | IBM (États-Unis) |
|---|---|
| Microprocesseur | Intel 8088 à 4,77 MHz, coprocesseur mathématique 8087 en option |
| Mémoire vive (RAM) | De 16 à 256 Ko selon la configuration (les tout premiers modèles livrés avec 16 Ko ne supportaient que 64 Ko maximum) |
| Mémoire morte (ROM) | 64 Ko |
| Capacités graphiques | Selon la carte installée : CGA monochrome courant (320×200 ou 640×200) ; l'exemplaire de la collection dispose d'une carte Hercules VGA couleur (640×480), alors optionnelle et très haut de gamme |
| Capacités sonores | Haut-parleur interne (beeper) |
| Clavier | 83 touches, 10 touches de fonction, pavé numérique |
| Interfaces | 5 slots ISA 8 bits internes |
| Logiciels | IBM BASIC, PC DOS 1.0 |
| Périphériques standards | Zéro, un ou deux lecteurs de disquettes 5 1/4 pleine hauteur 160 Ko ; lecteur de bande ou disque dur en option (l'exemplaire présenté a un disque dur de 10 Mo) |
| Dimensions | 49,5 × 40,6 × 14 cm |
| Poids | 14,5 kg |
| Lancement | 1981 (5150) – le 5160, ou XT, suit en 1983 |
| Différence principale 5150/5160 | Configuration de stockage : lecteurs de disquettes sur le 5150, disque dur ajouté d'origine sur le 5160 |
Le 5150 est la machine qui a donné son nom au « PC » tel qu'on l'entend encore aujourd'hui. Lancé par IBM en 1981, il ne cherchait pas à révolutionner la micro-informatique sur le plan technique : IBM assemblait des composants standard du marché, dont un Intel 8088 à 4,77 MHz, plutôt que de développer un processeur ou un chipset maison, contrairement à la pratique alors courante chez Apple ou Commodore.
Une architecture ouverte et une mémoire extensible jusqu'à 256 Ko
Ce choix d'architecture ouverte, documentée dans un manuel technique vendu publiquement par IBM, a eu une conséquence majeure et largement imprévue par le constructeur : elle a permis à des sociétés tierces de produire des « clones » compatibles, à commencer par Compaq dès 1983, en réimplémentant légalement le BIOS sans copier le code d'IBM. Cette ouverture involontaire a fini par façonner toute l'industrie du PC telle qu'elle existe encore aujourd'hui.
La mémoire vive du 5150 variait de 16 à 256 Ko selon la configuration achetée, un coprocesseur mathématique Intel 8087 pouvant être ajouté en option pour accélérer les calculs en virgule flottante – un luxe réservé aux usages scientifiques ou d'ingénierie, rarement justifié pour un usage bureautique courant.
Le 5160 (XT), même architecture, disque dur en plus
Le 5160, ou IBM XT, lui succède en 1983 en reprenant la même architecture processeur mais en intégrant d'origine un disque dur, là où le 5150 se contentait de lecteurs de disquettes. Techniquement, les deux machines sont presque identiques : même 8088, même bus, mêmes cartes d'extension compatibles ; seule la configuration de stockage les distingue vraiment l'une de l'autre.
L'exemplaire conservé dans la collection illustre bien cette proximité entre les deux modèles : il s'agit d'un 5150 d'origine, modifié après coup avec l'ajout d'un contrôleur de disque dur et d'un disque Seagate de 10 Mo, une opération alors courante chez les utilisateurs souhaitant faire évoluer leur 5150 sans racheter un 5160 complet.
Un clavier IBM réputé pour la qualité de sa frappe
Le clavier IBM d'origine, réputé pour la qualité de sa frappe mécanique, accompagnait la machine, tout comme des haut-parleurs externes proposés en option pour améliorer le rendu sonore très sommaire du haut-parleur interne standard. La presse spécialisée américaine, Byte en tête, a couvert la machine dès son lancement avec un luxe de détails techniques inhabituel pour l'époque.
Un positionnement pensé d'abord pour l'entreprise
Sur le plan commercial, le 5150 visait d'abord les entreprises plutôt que le grand public, un positionnement qui explique son prix élevé au lancement comparé aux machines familiales comme le Commodore 64, sorti la même année pour un public totalement différent. Les deux machines ont pourtant fini par coexister sur des segments de marché qui ne se recoupaient que marginalement.
Un héritage qui dépasse sa propre carrière commerciale
L'héritage du 5150 dépasse très largement sa propre carrière commerciale : en établissant un standard matériel ouvert plutôt qu'un système propriétaire fermé, IBM a involontairement lancé une dynamique de compatibilité et de concurrence par les prix qui a fini par dominer l'ensemble du marché de la micro-informatique professionnelle jusqu'à aujourd'hui.
Disposition du clavier et un boîtier métallique imposant
Le clavier compte 83 touches réparties avec 10 touches de fonction et un pavé numérique séparé, une disposition qui deviendra la référence des claviers étendus IBM pour toute une génération de compatibles. Cinq slots ISA 8 bits internes permettaient d'ajouter cartes graphiques, contrôleurs ou interfaces réseau selon les besoins précis du poste de travail visé.
Sous son capot métallique, la machine affiche des dimensions imposantes pour les standards actuels – 49,5 sur 40,6 sur 14 cm pour un poids de 14,5 kg – révélatrices d'une conception encore très proche des minicomputers professionnels dont IBM tirait son expérience industrielle. La presse française de l'époque, ABC Informatique, Micro Ordinateurs ou LED Micro en tête, a suivi la machine avec une régularité qui confirme sa diffusion réelle sur le marché hexagonal, malgré son prix élevé.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre l'IBM 5150 et le 5160 ?
Techniquement, très peu : les deux partagent le même processeur Intel 8088 et la même architecture générale. La différence porte surtout sur le stockage – le 5150 se limite à des lecteurs de disquettes, tandis que le 5160 (XT) intègre d'origine un disque dur, apparu en 1983.
Pourquoi le 5150 est-il considéré comme l'ordinateur d'origine du « PC » ?
Parce qu'IBM a lancé ce nom générique en 1981 pour désigner la machine, et que son architecture ouverte et documentée a servi de base à toute une industrie de compatibles, à commencer par Compaq dès 1983. Le terme « PC » lui est resté attaché depuis.
Le processeur du 5150 peut-il être accéléré par un coprocesseur ?
Oui, un coprocesseur mathématique Intel 8087 pouvait être installé en option pour accélérer les calculs en virgule flottante. Cet ajout restait surtout utile pour des usages scientifiques ou d'ingénierie exigeants, rarement justifié pour de la bureautique courante à cette époque.
Pourquoi les clones IBM PC ont-ils pu apparaître légalement ?
Parce qu'IBM avait publié une documentation technique complète de son architecture, permettant à des sociétés tierces comme Compaq de réimplémenter le BIOS de façon indépendante, sans copier le code d'origine. Ce vide juridique involontaire a ouvert la voie à toute l'industrie des compatibles.
Quelle configuration de stockage a l'exemplaire de la collection ?
Il s'agit d'un 5150 d'origine modifié après coup : un contrôleur de disque dur et un disque Seagate de 10 Mo y ont été ajoutés, une opération courante chez les propriétaires souhaitant faire évoluer leur machine sans racheter un 5160 complet neuf.
Le 5150 visait-il le grand public ou les entreprises ?
D'abord les entreprises : son prix élevé au lancement le plaçait au-dessus des machines familiales comme le Commodore 64, sorti la même année 1981 pour un tout autre public. Les deux gammes ont fini par coexister sur des segments de marché largement distincts.
