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Histoire de Windows et MS-DOS : des origines à Windows 3.11

De l'interpréteur de commandes en ligne au premier environnement graphique grand public : le parcours des systèmes Microsoft sur une décennie et demie.

Étiquette d'une disquette originale MS-DOS 1.00 pour IBM Personal Computer, datée 1981
Une disquette MS-DOS 1.00 d'origine – la toute première version, commercialisée en 1981.

MS-DOS 1.0 sort en 1981, développé par Microsoft pour l'IBM PC à partir d'un système existant, le 86-DOS. C'est un système en ligne de commande, sans interface graphique : chaque opération – copier un fichier, lancer un programme – passe par une instruction tapée au clavier. Les versions suivantes, 2.x puis 3.x, ajoutent progressivement la gestion des sous-répertoires, le support de disques durs plus grands et la compatibilité avec les réseaux locaux.

Windows 1.0 à 3.0 : les débuts de l'interface graphique

Windows 1.0, sorti en 1985, n'est pas un système d'exploitation à part entière mais une surcouche graphique qui s'installe par-dessus MS-DOS. Les fenêtres ne peuvent pas se chevaucher, seulement se juxtaposer en mosaïque. Windows 2.0 introduit le chevauchement des fenêtres en 1987, mais c'est Windows 3.0, en 1990, qui marque le véritable tournant : gestion de la mémoire étendue, meilleure prise en charge des cartes graphiques, et un accueil commercial qui l'installe durablement dans les bureaux.

Windows 3.1 et 3.11 : la maturité

Windows 3.1 (1992) ajoute les polices TrueType et une meilleure stabilité générale. Windows for Workgroups 3.11, la même génération, cible spécifiquement les réseaux d'entreprise avec un support natif du partage de fichiers et d'imprimantes. Ces deux versions resteront en usage sur de nombreux postes jusqu'à l'arrivée de Windows 95, qui change radicalement l'interface avec l'introduction du menu Démarrer et de la barre des tâches.

MS-DOS 6.x : la dernière génération avant Windows 95

En parallèle, MS-DOS continue d'évoluer jusqu'à la version 6.22, la dernière avant que Windows 95 n'intègre son propre noyau DOS de façon transparente pour l'utilisateur. Les versions 6.x apportent la compression de disque (DoubleSpace), une meilleure gestion de la mémoire haute, et des utilitaires de diagnostic plus complets.

Pourquoi ces deux lignées ont coexisté si longtemps

MS-DOS et Windows ont partagé les rayons pendant près de quinze ans, chacun couvrant des usages différents. Un PC de bureau standard des années 1988-1993 démarrait sous MS-DOS et lançait Windows comme une application parmi d'autres, souvent depuis un menu texte personnalisé (Norton Commander, DOS Shell). Beaucoup de logiciels professionnels – tableurs, bases de données, jeux – continuaient de tourner directement en DOS pur, sans jamais passer par l'interface graphique, pour des raisons de performance pure sur du matériel encore limité en mémoire et en puissance de calcul.

Le choix entre les deux dépendait largement du matériel disponible. Windows 3.0 exigeait un minimum de mémoire étendue et un processeur 286 pour tourner correctement en mode protégé ; sur un PC XT d'entrée de gamme, rester en DOS pur restait souvent la seule option viable, ce qui explique la longévité commerciale des versions 5.x et 6.x du système bien après la sortie de Windows 3.1.

Ce que ces archives permettent de retrouver aujourd'hui

Faire tourner un jeu ou un utilitaire d'époque suppose souvent de reconstituer l'environnement exact pour lequel il a été écrit : version précise du système, pilotes de carte son adaptés, quantité de mémoire conventionnelle disponible. Les collectionneurs et les amateurs d'émulation s'appuient sur ces versions documentées pour recréer des configurations fidèles, que ce soit sur du matériel d'époque restauré ou dans un émulateur comme DOSBox.

Une transition qui s'est étalée sur près de deux décennies

Le passage complet du texte au graphique ne s'est pas fait en une seule version. Entre le premier MS-DOS de 1981 et Windows 95 qui l'intègre définitivement en arrière-plan, quatorze années séparent les deux mondes. Sur cette période, des dizaines de versions intermédiaires se sont succédé, chacune corrigeant les limites techniques de la précédente : gestion de la mémoire, prise en charge du matériel, stabilité générale du système face à des applications de plus en plus gourmandes.

Cette lenteur relative s'explique par la contrainte de compatibilité ascendante que Microsoft s'imposait déjà à l'époque : un logiciel professionnel acheté pour MS-DOS 3.x devait pouvoir continuer à fonctionner des années plus tard sous une version ultérieure, sans réécriture. Cette exigence a longtemps freiné les changements d'architecture les plus radicaux, au profit d'évolutions progressives, version après version.

Notes
  1. Les identifiants de version cités ici correspondent aux éditions grand public commercialisées en Europe francophone ; certaines variantes OEM portaient des numérotations légèrement différentes.

Questions fréquentes

Windows 1.0 fonctionnait-il sans MS-DOS ?

Non. Windows 1.0, 2.0 et 3.x s'installent par-dessus une copie de MS-DOS déjà présente sur la machine. Ce n'est qu'à partir de Windows 95 que la frontière entre les deux systèmes devient invisible pour l'utilisateur final. Cette dépendance explique pourquoi les premières versions de Windows se lançaient comme un simple programme depuis l'invite de commande.

Quelle version de MS-DOS a précédé Windows 95 ?

MS-DOS 6.22, sortie en 1994, est la dernière version autonome avant l'arrivée de Windows 95 l'année suivante. Elle reste aujourd'hui la version la plus recherchée par les amateurs de restauration de PC d'époque. Elle a été distribuée à la fois en boîte séparée et préinstallée sur de nombreux PC de bureau vendus entre 1994 et 1995.

Pourquoi Windows 3.0 a-t-il eu plus de succès que les versions 1.0 et 2.0 ?

Il apportait une gestion de la mémoire étendue et une meilleure prise en charge des cartes graphiques, deux limites qui bridaient sérieusement les versions précédentes sur du matériel de l'époque déjà plus puissant. Sans ces deux avancées, les applications professionnelles gourmandes en mémoire – tableurs, logiciels de PAO – restaient en pratique inutilisables au-delà de quelques fenêtres ouvertes simultanément.

À quoi servait DoubleSpace dans MS-DOS 6.x ?

À compresser le contenu d'un disque dur à la volée pour gagner de l'espace de stockage, une ressource encore coûteuse et limitée au début des années 1990, avant la généralisation des disques de grande capacité. La compression restait risquée : une coupure de courant pendant une opération d'écriture pouvait corrompre l'ensemble du volume compressé.

Peut-on encore installer ces vieilles versions de Windows aujourd'hui ?

Oui, principalement via un émulateur comme DOSBox ou une machine virtuelle dédiée. Sur du matériel d'époque restauré, l'installation reste possible mais demande souvent des disquettes ou une image disque en bon état. Certains passionnés préfèrent le matériel d'époque restauré pour retrouver le comportement exact du système, timing d'affichage compris, ce qu'un émulateur ne reproduit jamais parfaitement.

Quelle est la différence entre Windows 3.1 et Windows for Workgroups 3.11 ?

Windows for Workgroups 3.11 ajoute un support natif du partage de fichiers et d'imprimantes en réseau local, une fonction pensée pour les entreprises, absente de la version 3.1 grand public sortie l'année précédente. Les deux versions partagent par ailleurs le même noyau MS-DOS sous-jacent et la même interface Program Manager.