En 1985, Brøderbund Software traverse une période d'ascension rapide qui en fait l'un des éditeurs de logiciels les plus en vue du marché américain, cinq ans à peine après sa fondation par les frères Doug et Gary Carlston à San Rafael, en Californie, une petite ville tranquille au nord de la baie de San Francisco.
Une entreprise fondée par Doug Carlston, rejointe par sa sœur Cathy dès 1981
L'entreprise naît en 1980 dans le but de commercialiser des jeux que Doug Carlston avait lui-même conçus. Son nom, Brøderbund, dérive d'un terme afrikaans, « Broederbond », signifiant association de frères, employé à l'origine dans l'un de ses jeux, Galactic Empire, avant d'être légèrement modifié pour devenir une marque distinctive, facilement identifiable et déposable en tant que telle.
Leur sœur Cathy Carlston rejoint l'entreprise familiale dès 1981, renforçant une structure qui reste, pour l'essentiel, pilotée par la fratrie tout au long de cette première décennie de croissance rapide sur un marché du logiciel personnel alors en pleine expansion aux États-Unis.
Un catalogue qui s'étoffe, jusqu'au décollage des ventes avec The Print Shop
Le catalogue s'étoffe rapidement au fil des années suivantes : Choplifter et David's Midnight Magic en 1982, Lode Runner et Gumball en 1983, puis Karateka en 1984, un jeu de combat qui doit sa fluidité d'animation à une technique de rotoscopie filmée en Super 8, méthode que son concepteur, Jordan Mechner, réutilisera quelques années plus tard sur Prince of Persia.
C'est cependant The Print Shop, également sorti en 1984, qui fait véritablement décoller les ventes de l'éditeur : ce logiciel de création graphique, permettant d'imprimer cartes de vœux, bannières et affiches personnalisées, touche un public bien plus large que celui des seuls joueurs, ouvrant à Brøderbund un marché familial et scolaire considérable, bien au-delà du seul cercle des joueurs habituels de logiciels de divertissement.
Carmen Sandiego en 1985 et une ascension suivie par la presse américaine
L'année 1985 confirme cette dynamique avec la sortie de Where in the World is Carmen Sandiego?, un jeu éducatif mêlant enquête policière et géographie mondiale, qui deviendra l'une des franchises les plus durables de l'histoire du logiciel éducatif américain, prolongée sur plusieurs décennies et déclinée jusqu'à des adaptations télévisées à succès.
Cette ascension commerciale n'échappe pas à la presse spécialisée américaine : un numéro d'octobre 1985 de MicroTimes consacre à l'éditeur un article au titre évocateur, « Next stop world Domination? », qui résume assez bien la trajectoire alors empruntée par cette entreprise familiale californienne, passée en cinq ans du statut de petit éditeur indépendant à celui de poids lourd reconnu du secteur.
Un dixième rang chez InfoWorld dès 1984 et un mémorandum d'investissement en 1985
Dès le début de l'année 1984, le magazine InfoWorld classait déjà Brøderbund au dixième rang des éditeurs de micro-informatique américains, tout en le désignant comme le premier éditeur de logiciels de divertissement du pays sur ce même segment, fort de 13 millions de dollars de chiffre d'affaires réalisés sur la seule année 1983 précédente.
Un mémorandum d'investissement daté de juillet 1985 attribuait explicitement cette réussite financière continue à la diversification stratégique du catalogue de titres, réparti entre trois familles distinctes : la productivité personnelle avec des logiciels comme Bank Street Writer, les outils de création avec The Print Shop, et le divertissement pur avec des titres comme Choplifter et Lode Runner. Cette répartition sur plusieurs segments distincts limitait le risque commercial en cas d'essoufflement d'une seule catégorie de produits, une prudence de gestion assez rare chez les éditeurs concurrents de l'époque, souvent concentrés sur le seul jeu vidéo.
Une diversification qui portera ses fruits dans les années suivantes
Cette diversification portera durablement ses fruits dans les années suivantes : Brøderbund entrera en bourse au NASDAQ en 1991 sous le symbole BROD, avant de devenir une entreprise pesant près de 200 millions de dollars, puis d'être rachetée par The Learning Company en 1998, refermant ainsi le chapitre de son indépendance capitalistique entamée dix-huit ans plus tôt à San Rafael par deux frères vendant des jeux qu'ils avaient eux-mêmes conçus.
Questions fréquentes
Qui a fondé Brøderbund Software ?
Doug et Gary Carlston, en 1980 à San Rafael, en Californie, pour commercialiser des jeux que Doug avait lui-même développés. Leur sœur Cathy a rejoint l'entreprise l'année suivante, contribuant elle aussi à la croissance rapide de cette société familiale devenue un éditeur logiciel majeur.
D'où vient le nom Brøderbund ?
D'un mot afrikaans, « Broederbond » (association de frères), employé par Doug Carlston dans son jeu Galactic Empire. L'orthographe a ensuite été légèrement modifiée pour rendre le nom plus distinctif et plus facilement reconnaissable comme marque commerciale déposée pour l'éditeur naissant.
Quels titres ont fait le succès de Brøderbund avant 1985 ?
Choplifter et David's Midnight Magic en 1982, Lode Runner et Gumball en 1983, puis Karateka en 1984, année où sort aussi The Print Shop, un logiciel de création graphique qui a fait grimper les ventes de l'éditeur de façon spectaculaire par rapport à ses jeux vidéo antérieurs.
Que représentait Where in the World is Carmen Sandiego ? pour l'éditeur ?
Sorti en 1985, ce jeu éducatif est devenu un succès majeur pour Brøderbund, confirmant sa capacité à réussir aussi bien sur le segment du jeu vidéo pur que sur celui du logiciel éducatif, un positionnement à cheval sur deux marchés distincts qui a solidifié sa réputation auprès du grand public américain.
Quel type de magazine a consacré un article à Brøderbund en 1985 ?
MicroTimes, une publication spécialisée américaine consacrée à l'informatique personnelle, dont un numéro d'octobre 1985 titrait « Next stop world Domination? » à propos de l'éditeur, un jeu de mots qui reflétait bien l'ascension commerciale alors en cours de la société californienne.
Brøderbund se limitait-il au jeu vidéo en 1985 ?
Non, l'éditeur couvrait déjà plusieurs segments distincts : jeux vidéo d'action comme Choplifter, logiciels de création graphique comme The Print Shop, et titres éducatifs comme Carmen Sandiego, une diversification qui distinguait Brøderbund de nombreux concurrents plus spécialisés sur un seul type de logiciel.
