| Constructeur | Dragon Data Limited (Pays de Galles) |
|---|---|
| Microprocesseur | Motorola 6809 (8 bits) à 0,9 MHz, cadençable à 1,8 MHz |
| Mémoire vive (RAM) | 32 Ko, extensibles à 64 Ko |
| Mémoire morte (ROM) | 16 Ko |
| Affichage texte | 32×16 caractères |
| Capacités graphiques | Chipset Motorola 6847 · 256×192 en 2 couleurs · 128×192 en 4 couleurs · jusqu'à 9 couleurs |
| Capacités sonores | Convertisseur numérique/analogique sur 6 bits |
| Clavier | Type machine à écrire, QWERTY |
| Interfaces | Port parallèle 8 bits · port d'extension · cassette (DIN 5 broches) · deux ports joystick · sortie vidéo composite |
| Périphériques | Péritel (650 F) · jusqu'à 4 unités de disquettes 186 Ko (2 800 F l'unité) · contrôleur de disquettes (800 F) |
| Mise en vente | 1982 |
Le Dragon 32 sort en 1982, conçu par Dragon Data Limited, une société basée à Port Talbot, au Pays de Galles. La machine s'inscrit dans la vague des micro-ordinateurs familiaux britanniques du début des années 1980, aux côtés du ZX Spectrum de Sinclair et du BBC Micro d'Acorn.
Une parenté technique directe avec le Tandy Color Computer
Le Dragon 32 repose sur la même configuration de référence Motorola que le TRS-80 Color Computer commercialisé par Tandy aux États-Unis : processeur 6809, circuit SAM de gestion mémoire et circuit VDG d'affichage vidéo. Cette parenté technique assure une large compatibilité au niveau du langage machine entre les deux plateformes, sans toutefois constituer un clone à l'identique : les ROM des deux machines diffèrent, ce qui limite l'interchangeabilité directe des logiciels sans adaptation.
Un positionnement technique légèrement supérieur au CoCo américain
À configuration comparable, le Dragon 32 est livré en standard avec 32 Ko de mémoire vive et le Basic étendu de Microsoft, deux éléments proposés en option coûteuse sur le Color Computer américain. Le clavier du Dragon, mécanique et complet, tranche également avec les claviers plus sommaires proposés sur certains modèles concurrents de la même gamme de prix.
Un système de stockage disquette particulièrement coûteux
Comme sur de nombreuses machines de cette génération, l'extension vers le support disquette représentait un investissement lourd : jusqu'à quatre lecteurs de 186 Ko pouvaient être raccordés, chacun facturé 2 800 F, auxquels s'ajoutait un contrôleur à 800 F, un ensemble qui pouvait largement dépasser le prix de la machine elle-même.
Une entreprise emportée par la crise du secteur
Dragon Data connaît des difficultés financières importantes dès 1984, dans un contexte de guerre des prix particulièrement brutale sur le marché britannique des micro-ordinateurs familiaux. L'entreprise cesse la production après un rachat, mettant fin à une gamme qui n'aura finalement connu qu'une poignée d'années de commercialisation active.
Le Dragon 32 aujourd'hui
La machine bénéficie aujourd'hui d'une communauté de préservation active, en particulier au Royaume-Uni, qui profite directement de la parenté technique du Dragon avec le Color Computer américain : une partie de la documentation et des outils développés pour l'une des deux plateformes reste exploitable, avec quelques adaptations, sur l'autre.
Un catalogue logiciel élargi par la compatibilité croisée
La proximité architecturale avec le Color Computer a permis à une partie non négligeable du catalogue logiciel américain de circuler, avec des adaptations plus ou moins poussées, sur le marché britannique du Dragon. Cette porosité entre les deux écosystèmes constitue un point d'intérêt particulier pour les chercheurs et collectionneurs qui étudient les circuits de diffusion informelle du logiciel au début des années 1980.
Certains développeurs britanniques ont par ailleurs choisi de cibler directement les deux plateformes dès la conception de leurs titres, une stratégie commerciale qui maximisait le marché potentiel sans multiplier excessivement les coûts de développement.
Un successeur qui n'a pas suffi à sauver l'entreprise
Dragon Data lance en 1983 le Dragon 64, une évolution dotée d'une mémoire vive doublée et d'une interface RS-232 intégrée en standard, sans parvenir à inverser la trajectoire commerciale difficile de l'entreprise face à une concurrence de plus en plus féroce sur le segment des machines familiales britanniques.
Une identité galloise revendiquée
Contrairement à la plupart de ses concurrents britanniques, basés en Angleterre, Dragon Data s'implante délibérément au Pays de Galles, dans une région alors en pleine reconversion industrielle après le déclin de l'activité minière traditionnelle. Cette implantation forme un point d'ancrage identitaire fort, aujourd'hui encore, pour la communauté de préservation locale attachée à cette machine.
Retrouver aujourd'hui un exemplaire complet, boîte et manuels d'origine compris, reste accessible pour la plupart des collectionneurs britanniques, la machine ayant été produite en quantités suffisantes durant sa courte carrière commerciale.
Documenter la diversité réelle du marché britannique du début des années 1980 passe difficilement à côté de cette machine.
Un pan méconnu mais réel de l'histoire informatique britannique, distinct de ses concurrents anglais les plus célébrés.
Une machine à part entière, pas un simple double du Color Computer.
Questions fréquentes
Le Dragon 32 est-il un clone du Tandy Color Computer ?
Pas exactement. Les deux machines partagent la même configuration de référence Motorola (processeur, circuit mémoire, circuit vidéo), ce qui assure une large compatibilité au niveau du langage machine, mais leurs ROM diffèrent, ce qui limite l'interchangeabilité directe des logiciels sans adaptation.
Où était fabriqué le Dragon 32 ?
Par Dragon Data Limited, une société basée à Port Talbot, au Pays de Galles. La machine s'inscrit dans la vague des micro-ordinateurs familiaux britanniques du début des années 1980, aux côtés du ZX Spectrum et du BBC Micro. Cette identité galloise reste aujourd'hui un point de fierté régionale pour la communauté britannique de préservation informatique.
Le Dragon 32 était-il mieux équipé que le Color Computer américain ?
À configuration comparable, oui sur certains points : il était livré en standard avec 32 Ko de mémoire vive et le Basic étendu de Microsoft, deux éléments proposés en option coûteuse sur le Color Computer, avec en plus un clavier mécanique plus complet.
Pourquoi Dragon Data a-t-elle cessé son activité ?
L'entreprise a rencontré des difficultés financières importantes dès 1984, dans un contexte de guerre des prix particulièrement brutale sur le marché britannique des micro-ordinateurs familiaux, entraînant l'arrêt de la production après un rachat. Cette guerre des prix a emporté plusieurs autres constructeurs britanniques de la même période.
Un lecteur de disquettes pour Dragon 32 coûtait-il cher à l'époque ?
Oui, jusqu'à quatre lecteurs de 186 Ko pouvaient être raccordés, chacun facturé 2 800 F, plus un contrôleur à 800 F. Cet ensemble pouvait largement dépasser le prix de la machine elle-même, réservant cette configuration à un usage plus ambitieux.
La documentation du Color Computer est-elle utile pour restaurer un Dragon 32 ?
Oui, dans une large mesure, grâce à la parenté technique entre les deux plateformes. Une partie de la documentation et des outils développés pour l'une des deux machines reste exploitable, avec quelques adaptations, sur l'autre. Cette compatibilité croisée facilite aujourd'hui considérablement les projets de restauration.
