| Constructeur | Thomson (France) |
|---|---|
| Microprocesseur | Motorola 6809E à 1 MHz |
| Mémoire vive (RAM) | 48 Ko, extensible |
| Mémoire morte (ROM) | 16 Ko |
| Capacités graphiques | Mode texte 40×25 · mode graphique 320×200 en 16 couleurs (contraintes de proximité) |
| Capacités sonores | Générateur 1 bit, extensible via DAC 6 bits |
| Clavier | Intégré, 57 touches · crayon optique · manette de jeu |
| Interfaces | Connecteur crayon optique · connecteur cassette · Péritélévision RVB · port d'extension |
| Logiciels | BASIC 1.0 |
| Périphériques standards | Lecteur de cartouche Mémo5 · lecteur de cassette externe spécifique · lecteurs de disquette externes |
| Mise en vente | 1984 |
Le MO5 sort en 1984, un an après le TO7, mais suit une philosophie de conception nettement différente : plutôt que de viser un usage individuel avec stylo optique comme le TO7, Thomson pense le MO5 pour un usage plus collectif et immédiat, avec un clavier directement intégré au boîtier plutôt qu'un module séparé.
La seconde machine du plan « Informatique pour tous »
Aux côtés du TO7/70, le MO5 est retenu en 1985 par le plan gouvernemental « Informatique pour tous », qui équipe les écoles françaises de dizaines de milliers de machines Thomson. Cette double solution matérielle reflète les hésitations de l'administration éducative de l'époque sur le mode d'usage pédagogique à privilégier : le TO7/70 pour un usage plus individuel avec son crayon optique, le MO5 pour une utilisation plus directe et collective en salle de classe.
Un clavier intégré, choix ergonomique assumé
Contrairement au TO7 dont le clavier restait un module distinct relié par câble, le MO5 intègre directement son clavier de 57 touches au boîtier principal, un choix qui simplifie la manipulation pour un jeune public et réduit le nombre de câbles à gérer dans un contexte scolaire où le matériel change fréquemment de mains au fil de la journée.
Une identité commerciale distincte du TO7
Le MO5 vise dès sa conception un public plus large que le seul segment éducatif, avec un positionnement tarifaire pensé pour concurrencer directement les micro-ordinateurs familiaux étrangers alors en pleine expansion sur le marché français, tout en conservant l'architecture Motorola 6809E qui caractérise l'ensemble de la gamme Thomson de cette génération.
Un héritage partagé avec le TO7/70
Le bilan pédagogique du plan « Informatique pour tous » reste, pour le MO5 comme pour le TO7/70, régulièrement critiqué : le matériel devient rapidement obsolète après le retrait de Thomson du marché de la micro-informatique en 1989, et une large partie du parc installé finit stockée sans usage réel dans les établissements scolaires, faute de formation suffisante des enseignants au moment du déploiement initial.
Cette histoire contrastée n'empêche pas le MO5 de rester aujourd'hui, aux côtés du TO7/70, l'un des objets de mémoire les plus forts pour toute une génération de Français ayant grandi avec ce matériel dans leur salle de classe durant la seconde moitié des années 1980.
Un catalogue de cartouches propre à la machine
Le lecteur de cartouche Mémo5, périphérique optionnel proposé par Thomson, permet un chargement quasi instantané de certains logiciels, un avantage réel face au temps de chargement souvent long imposé par la cassette classique. Ce format reste toutefois propre au MO5 et incompatible avec les cartouches d'autres machines Thomson de la même période, chacune ayant son propre connecteur et son propre format physique.
Cette fragmentation des formats entre modèles Thomson successifs, plutôt qu'un standard unique partagé par toute la gamme, complique aujourd'hui le travail des collectionneurs cherchant à reconstituer une collection complète de périphériques d'origine pour chaque machine.
Un investissement public colossal, partagé entre deux machines
Le coût total du plan « Informatique pour tous », matériel et formation compris, avoisine les deux milliards de francs de l'époque, un investissement réparti entre les deux modèles Thomson retenus. Ce calendrier extrêmement serré – l'annonce du plan et son déploiement effectif dans les écoles se sont faits en quelques mois seulement – a probablement pesé sur la qualité de la formation dispensée aux enseignants au moment du lancement.
Une machine encore activement documentée aujourd'hui
La communauté française de préservation informatique consacrée aux machines Thomson reste particulièrement active, avec des ressources abondantes couvrant le MO5 aussi bien que le TO7 et ses variantes : schémas techniques, catalogues de logiciels reconstitués, et témoignages d'anciens élèves ou enseignants ayant utilisé ce matériel dans un contexte scolaire durant les années 1980.
Retrouver aujourd'hui un exemplaire complet, boîtes et manuels d'origine compris, reste un objectif accessible pour la plupart des collectionneurs français, la machine ayant été produite en nombre significatif durant sa commercialisation.
Un jalon partagé, aux côtés du TO7/70, dans la mémoire collective française.
Questions fréquentes
Le MO5 est-il aussi une machine du plan « Informatique pour tous » ?
Oui, avec le TO7/70, il fait partie des deux modèles Thomson retenus par ce plan gouvernemental de 1985. Le MO5 était plutôt pensé pour un usage collectif en salle de classe, le TO7/70 pour un usage plus individuel avec son crayon optique.
Quelle est la différence entre le MO5 et le TO7 ?
Le MO5 intègre directement son clavier de 57 touches au boîtier principal, contrairement au TO7 dont le clavier restait un module séparé relié par câble, un choix qui simplifiait la manipulation pour un jeune public en contexte scolaire. Cette décision de placer le MO5 en salle de classe, plutôt qu'un usage individuel, a directement influencé la conception du boîtier.
Pourquoi Thomson a-t-il proposé deux machines différentes pour le même plan gouvernemental ?
Cette double solution reflète les hésitations de l'administration éducative de l'époque sur le mode d'usage pédagogique à privilégier, entre un usage individuel avec crayon optique et une utilisation plus directe et collective en salle de classe. Le calendrier serré du plan a probablement pesé sur ce choix, plutôt qu'un modèle unique clairement tranché.
Le MO5 visait-il uniquement le marché scolaire ?
Non, dès sa conception en 1984 il visait aussi le marché familial grand public, avec un positionnement tarifaire pensé pour concurrencer les micro-ordinateurs étrangers alors en expansion en France, avant d'être retenu l'année suivante pour le plan gouvernemental. Ce positionnement grand public initial explique pourquoi de nombreux exemplaires de MO5 ont circulé en dehors du seul cadre scolaire.
Quel processeur équipe le Thomson MO5 ?
Un Motorola 6809E à 1 MHz, la même architecture que celle utilisée sur l'ensemble de la gamme Thomson de cette génération, du TO7 original jusqu'au TO7/70, garantissant une compatibilité logicielle relativement large. Cette parenté facilite aujourd'hui la restauration d'exemplaires anciens grâce aux ressources partagées entre passionnés.
Le MO5 reste-t-il un objet de mémoire pour les Français aujourd'hui ?
Oui, aux côtés du TO7/70, il reste l'un des objets de mémoire les plus forts pour toute une génération ayant grandi avec ce matériel dans sa salle de classe durant la seconde moitié des années 1980, bien au-delà des seuls collectionneurs.
