Cette vidéo teste le Thomson TO9, machine semi-professionnelle lancée en 1985 à 9000 francs, un prix nettement supérieur à celui des modèles plus modestes et familiaux de la même gamme française, avec Vampire, un jeu d'action-aventure français développé et édité par Infogrames dès l'année suivante seulement.
Une architecture héritée du TO7/70 et un lecteur de disquettes intégré au clavier
Le TO9 reprend l'architecture du TO7/70 qui l'a précédé, autour d'un processeur Motorola 6809E cadencé à 1 MHz, avec 128 Ko de mémoire vive utile et 136 Ko de mémoire morte intégrée, une puce graphique dédiée Thomson EF9369 affichant 320×200 pixels à l'écran, et un son sur 3 canaux distincts couvrant 7 octaves, un ensemble technique globalement cohérent avec le reste de la gamme Thomson commercialisée durant cette même période.
Le clavier, entièrement séparé de l'unité centrale, intégrait directement un lecteur de disquettes 3 pouces 1/2, une configuration pratique et bien pensée qui distinguait nettement le TO9 des modèles Thomson plus anciens, généralement dépendants d'un lecteur externe séparé ou d'une simple cassette pour le stockage courant de leurs logiciels quotidiens.
Vampire, une histoire de 2 CV en panne, signée par trois développeurs d'Infogrames
Vampire, testé ici sur la machine, raconte l'histoire d'un inconnu tombé en panne au volant de sa Citroën 2 CV, à minuit et demie, aux portes du parc d'un château hanté. Chargé personnellement de délivrer une femme retenue captive à l'intérieur du domaine, le joueur explore lentement ce décor gothique directement inspiré de l'univers de Dracula, une thématique alors assez rare dans le catalogue logiciel français de cette période précise du marché.
Le jeu, œuvre de trois développeurs français travaillant chez Infogrames, illustre bien la diversité déjà atteinte par l'éditeur lyonnais au milieu des années 1980, capable de produire aussi bien des titres d'action que des aventures narratives atmosphériques comme celle-ci, sorties simultanément sur plusieurs machines de la même famille Thomson. Infogrames, fondé quelques années plus tôt à Villeurbanne, comptait déjà parmi les tout premiers éditeurs de logiciels de loisir véritablement français, à une époque où le marché restait encore largement dominé par des productions anglo-saxonnes importées et parfois mal adaptées au public hexagonal. Fondé en 1983 à Villeurbanne, près de Lyon, par Bruno Bonnell et Christophe Sapet, l'éditeur deviendra par la suite l'un des groupes de jeu vidéo les plus importants d'Europe, bien après cette période encore artisanale de ses tout débuts sur micro-ordinateur.
Un TO9 commercialisé jusqu'en 1986 et une association inattendue de genres
Le TO9 sera commercialisé jusqu'en 1986, avant d'être remplacé par le TO9+, une évolution qui reprend l'essentiel de l'architecture du modèle original tout en y apportant plusieurs améliorations notables, dans la continuité de la stratégie de renouvellement progressif que Thomson appliquait alors méthodiquement à l'ensemble de sa gamme domestique et semi-professionnelle.
Cette vidéo, en associant une machine semi-professionnelle française à un jeu d'ambiance gothique originaire du même pays, illustre bien la polyvalence réelle des ordinateurs Thomson de cette génération, conçus avant tout pour l'éducation et le travail léger mais tout aussi capables d'accueillir un catalogue ludique varié et parfois surprenant.
Une sortie simultanée sur trois machines Thomson et une ambiance qui tranche
La sortie simultanée de Vampire sur MO5, TO7 et TO9 témoigne d'une stratégie éditoriale répandue chez Infogrames à cette période : plutôt que de cibler une seule machine, l'éditeur adaptait ses productions à l'ensemble de la gamme française, une approche pragmatique qui maximisait le public potentiel touché par chaque nouveau titre, malgré les différences techniques bien réelles qui existaient entre les différents modèles Thomson concernés.
L'ambiance de château hanté choisie pour Vampire tranche avec l'image souvent associée aux ordinateurs Thomson, davantage identifiés au public scolaire du Plan Informatique pour Tous qu'à des productions d'atmosphère sombre destinées à un public plus large. Ce contraste illustre la diversité réelle du catalogue logiciel disponible sur ces machines, bien au-delà des seuls usages éducatifs qui ont longtemps défini leur image publique dominante en France.
Questions fréquentes
Quand le Thomson TO9 est-il sorti ?
En 1985, à un prix de lancement de 9000 francs, un tarif qui reflétait clairement son positionnement semi-professionnel plutôt que purement familial. La machine reprenait l'architecture du TO7/70 tout en y ajoutant de nouvelles fonctionnalités, dont un lecteur de disquettes 3 pouces 1/2 intégré au clavier.
Quelles sont les spécifications techniques du TO9 ?
Un processeur Motorola 6809E à 1 MHz, 128 Ko de RAM et 136 Ko de ROM, une puce graphique Thomson EF9369 en 320×200 pixels, et un son 3 canaux sur 7 octaves. Le clavier, séparé de l'unité centrale, intégrait directement un lecteur de disquettes 3 pouces 1/2.
Qu'est-ce que le jeu Vampire testé sur cette page ?
Un jeu d'action-aventure développé et édité par Infogrames en 1986, sur Thomson MO5, TO7 et TO9. L'histoire suit un inconnu tombé en panne au volant de sa Citroën 2 CV, à minuit et demie, aux portes du parc d'un château hanté, chargé de délivrer une femme retenue captive.
Qui a développé Vampire ?
Trois développeurs français travaillant chez Infogrames, un éditeur alors en pleine expansion sur le marché du logiciel de loisir hexagonal. Le jeu s'inspire directement de l'univers de Dracula pour construire son atmosphère de château hanté et son intrigue centrée sur un sauvetage nocturne.
Le Thomson TO9 a-t-il eu un successeur ?
Oui, le TO9+, sorti après l'arrêt de commercialisation du TO9 en 1986. Cette évolution a repris l'essentiel de l'architecture du modèle original tout en y apportant des améliorations, dans la continuité de la stratégie de renouvellement progressif que Thomson appliquait alors à l'ensemble de sa gamme domestique.
Le TO9 visait-il le même public que le TO7 ou le MO5 ?
Non, le TO9 se positionnait sur un usage semi-professionnel, avec un prix de lancement nettement supérieur à celui des machines plus familiales de la même gamme Thomson. Cette distinction de gamme reflétait une segmentation commerciale assumée entre usages éducatifs, familiaux et semi-professionnels chez le même constructeur français.
