CATÉGORIE Ordinateurs ANNÉE 1990 CONSTRUCTEUR Amstrad

Amstrad 6128 Plus : le CPC modernisé aux cartouches

Sortie en 1990, la gamme Plus modernise le CPC avec un circuit graphique dédié et des cartouches, dans une tentative tardive de concurrencer les consoles de salon montantes.

Amstrad 6128 Plus allumé, écran affichant l'invite BASIC, avec cartouche de jeu et manette d'origine
L'exemplaire de la collection au démarrage, avec sa cartouche et sa manette d'origine.
Spécifications techniques
ConstructeurAmstrad (Angleterre)
MicroprocesseurZilog Z80 à 4 MHz
Mémoire vive (RAM)128 Ko
Mémoire morte (ROM)32 Ko
Capacités graphiquesMode texte 20×25 (16 coul.) · 40×25 (4 coul.) · 80×25 (2 coul.) · Mode graphique 160×200 (16 coul.) · 320×200 (4 coul.) · 640×200 (2 coul.) · palette étendue à 4096 couleurs
ClavierAZERTY ou QWERTY mécanique
Audio3 voies stéréo, 8 octaves + 1 canal de bruit
InterfacesPort stylo optique/pistolet · sortie son stéréo · port Centronics · port d'extension · 2 ports joystick (Atari) + 1 analogique · port lecteur externe · lecteur de cartouches · prise moniteur RVB DIN

Le 6128 Plus sort en 1990, une révision tardive de la gamme CPC pensée par Amstrad pour répondre à la montée des consoles de salon de nouvelle génération, plutôt que de simplement prolonger la lignée d'ordinateurs familiaux entamée en 1984.

Un circuit graphique dédié, nouveauté majeure de la gamme Plus

La principale innovation technique de la gamme Plus tient à l'ajout d'un circuit ASIC dédié, absent des CPC classiques, qui apporte une gestion matérielle des sprites, un défilement fluide de l'affichage et une palette étendue à 4096 couleurs contre 27 sur les modèles précédents. Cette puce rapproche techniquement le 6128 Plus des consoles de salon concurrentes, tout en conservant la compatibilité logicielle de base avec le catalogue CPC existant.

Le format cartouche, un pari commercial risqué

Contrairement aux CPC classiques distribués sur cassette ou disquette, la gamme Plus privilégie le format cartouche pour ses nouveaux titres, un choix qui rapproche la machine du positionnement d'une console tout en la distançant de son propre héritage de micro-ordinateur familial polyvalent.

Une sortie parallèle sous forme de console pure

Amstrad commercialise à la même période une variante strictement console de cette architecture, dépourvue de clavier, destinée à concurrencer directement la Mega Drive de Sega et la Super Nintendo. Cette déclinaison partage l'essentiel de l'architecture technique du 6128 Plus, cartouches comprises, tout en visant un public différent, davantage tourné vers le jeu pur.

Un échec commercial resté dans les mémoires

Malgré ses avancées techniques réelles, la gamme Plus rencontre un échec commercial notable, pénalisée par un catalogue logiciel restreint au lancement et par une concurrence déjà bien installée sur le segment des consoles 16 bits, nettement plus avancées techniquement à cette période précise du marché.

Une pièce recherchée par les collectionneurs de la gamme CPC

Le 6128 Plus est aujourd'hui recherché par les collectionneurs attachés à documenter l'ensemble de la trajectoire commerciale d'Amstrad sur le segment micro-informatique, comme le dernier chapitre, et le moins connu, d'une gamme qui a marqué la micro-informatique familiale française et britannique tout au long des années 1980.

Les cartouches de jeux spécifiques à la gamme Plus, produites en quantités plus limitées que le catalogue cassette et disquette classique, restent aujourd'hui des pièces particulièrement recherchées, plus rares que la machine elle-même.

Une compatibilité ascendante partiellement préservée

Le 6128 Plus conserve la capacité de faire tourner l'essentiel du catalogue logiciel CPC classique, distribué sur cassette ou disquette via le port lecteur externe, une décision qui préserve la valeur du parc logiciel existant pour les utilisateurs passant d'un CPC classique à cette nouvelle machine. Cette compatibilité ascendante contraste avec le choix, plus radical, d'autres constructeurs qui ont préféré rompre totalement avec leur gamme précédente au moment d'introduire une nouvelle génération de matériel.

Les jeux CPC classiques ne tirent toutefois aucun parti des nouvelles capacités graphiques apportées par l'ASIC, celles-ci restant réservées aux seuls titres développés spécifiquement pour le format cartouche de la gamme Plus.

Un design extérieur qui évolue peu

Contrairement à l'ampleur des changements internes, le boîtier du 6128 Plus reste visuellement proche de celui des CPC classiques, un choix qui a pu contribuer à brouiller la perception du grand public quant à l'ampleur réelle de la modernisation technique apportée par cette nouvelle génération de machines.

Restaurer un exemplaire aujourd'hui

Comme sur les CPC classiques, les condensateurs de l'alimentation et le lecteur de disquettes externe restent les points de vigilance les plus fréquents lors d'une remise en service. Le lecteur de cartouches, moins sollicité mécaniquement qu'un lecteur de disquettes, vieillit généralement mieux et nécessite rarement une intervention lourde.

Retrouver aujourd'hui un exemplaire complet avec sa manette et une sélection de cartouches d'origine reste un objectif ambitieux, la gamme Plus ayant circulé en quantités nettement plus modestes que les CPC classiques qui l'ont précédée.

Son histoire résume bien la gamme CPC dans son ensemble, entre continuité assumée et ambition technique inaboutie.

Un dernier acte méconnu, mais révélateur des choix d'un constructeur face à un marché en pleine mutation.

Une pièce qui complète utilement toute collection consacrée à la gamme CPC.

Questions fréquentes

Qu'apporte l'ASIC du 6128 Plus par rapport aux CPC classiques ?

Une gestion matérielle des sprites, un défilement fluide de l'affichage et une palette étendue à 4096 couleurs contre 27 sur les modèles précédents, un circuit dédié qui rapproche techniquement la machine des consoles de salon concurrentes de l'époque. Ce circuit reste la marque de fabrique la plus commentée de toute la gamme Plus.

Pourquoi le 6128 Plus utilise-t-il des cartouches plutôt que des disquettes ?

Ce choix rapprochait la machine du positionnement d'une console de salon face à la concurrence montante, tout en la distançant de son propre héritage de micro-ordinateur familial polyvalent qui reposait sur cassette et disquette. Le format cassette et disquette restait par ailleurs entièrement pris en charge en parallèle.

Le 6128 Plus a-t-il eu du succès commercial ?

Non, malgré ses avancées techniques réelles, il a rencontré un échec commercial notable, pénalisé par un catalogue logiciel restreint au lancement et par une concurrence déjà bien installée sur le segment des consoles 16 bits de l'époque. Cette confusion visuelle a probablement pesé sur la perception commerciale de la machine.

Existe-t-il une version console pure de cette architecture ?

Oui, Amstrad a commercialisé à la même période une variante dépourvue de clavier, destinée à concurrencer directement la Mega Drive et la Super Nintendo, partageant l'essentiel de l'architecture technique du 6128 Plus. Le port lecteur externe reste également un point à vérifier.

Les cartouches de la gamme Plus sont-elles compatibles avec un CPC 6128 classique ?

Non, le lecteur de cartouches est une caractéristique propre à la gamme Plus, absente des CPC classiques qui reposent sur cassette et disquette. Ces cartouches restent aujourd'hui des pièces recherchées, plus rares que la machine elle-même. Ce format console pur reste aujourd'hui une pièce rare et recherchée par les collectionneurs.

Pourquoi le 6128 Plus est-il aujourd'hui recherché par les collectionneurs ?

Il représente le dernier chapitre, et le moins connu, de la trajectoire commerciale d'Amstrad sur le segment micro-informatique, avec un catalogue de cartouches produit en quantités limitées qui en fait une pièce à part au sein de la gamme CPC.