CATÉGORIE Ordinateurs ANNÉE 1984 CONSTRUCTEUR Olivetti (Italie)

Olivetti M24 : plus rapide que l'IBM PC XT concurrent

Plus rapide que l'IBM PC XT qu'il concurrence directement, l'Olivetti M24 doit une bonne partie de sa diffusion mondiale à des accords de rebadgeage avec AT&T, Xerox et Logabax en France.

Olivetti M24 sous MS-DOS, écran affichant un diagnostic système, clavier et manuels Olivetti posés devant l'unité centrale
Un Olivetti M24 sous MS-DOS, entouré de ses manuels et disquettes d'origine.
Spécifications techniques
ConstructeurOlivetti (Italie)
MicroprocesseurIntel 8086 (16 bits) à 8 MHz, coprocesseur arithmétique 8087 en option
Mémoire vive (RAM)64 Ko, extensible à 640 Ko par blocs de 128 Ko
Mémoire morte (ROM)16 Ko
Affichage texte80 × 25 caractères
Capacités graphiques320 × 200 en 4 couleurs, 640 × 200 ou 640 × 400 en monochrome
Capacités sonoresHaut-parleur (bip système)
ClavierAzerty accentué, pavé numérique et touches de fonction
InterfacesCentronics, RS232C, souris, clavier
PériphériquesDouble lecteur de disquettes 360 Ko intégré, disque dur 10 Mo en option, souris en option
LogicielsMS-DOS 2.11 avec GW-BASIC
Dimensions / Poids16 × 38 × 37 cm, 30 kg
Mise en vente1984, 27490 F

L'Olivetti M24 sort en Italie en 1984, conçu pour concurrencer directement l'IBM PC XT sur le segment professionnel naissant des micro-ordinateurs 16 bits. Son processeur Intel 8086 cadencé à 8 MHz le rend sensiblement plus rapide que le 8088 à 4,77 MHz de l'IBM PC XT, un avantage technique réel qui contribuera fortement à son succès commercial en Europe.

Une même machine vendue sous trois noms différents

Plutôt que d'exporter directement sa machine sous sa propre marque partout dans le monde, Olivetti signe des accords de rebadgeage avec plusieurs partenaires locaux. Aux États-Unis, la société américaine AT&T commercialise la même machine sous le nom AT&T PC 6300 à partir de juin 1984 ; Xerox en fait de même sous le nom Xerox 6060. En France, c'est le fabricant historique Logabax qui distribue le M24 sous le nom Logabax 1600, une pratique alors courante qui permettait à un constructeur de bénéficier d'un réseau de distribution déjà établi sur chaque marché national.

Une architecture pensée pour dépasser l'IBM PC XT

Au-delà de la seule vitesse de son processeur, le M24 propose des capacités graphiques supérieures à celles de la carte CGA standard de l'IBM PC, avec un mode 640 × 400 en monochrome particulièrement apprécié pour le traitement de texte et les applications de gestion, où la finesse d'affichage du texte compte davantage que la couleur.

Un châssis compact intégrant les lecteurs de disquette

Contrairement à de nombreux compatibles IBM PC de la même période qui séparaient nettement l'unité centrale du moniteur, le M24 intègre son double lecteur de disquettes 360 Ko directement dans un châssis relativement compact pour une machine de bureau de 1984, l'écran restant néanmoins un module séparé posé au-dessus.

Un succès commercial porté par la diversité de ses marchés

Cette stratégie de rebadgeage multiple permet au M24 d'atteindre des volumes de vente que la seule marque Olivetti, moins connue hors d'Italie à l'époque, n'aurait probablement pas obtenus seule. Le succès du AT&T PC 6300 aux États-Unis en particulier contribuera à installer durablement la réputation industrielle d'Olivetti dans le secteur informatique professionnel au cours des années suivantes.

Repérer un exemplaire complet aujourd'hui

Les collectionneurs recherchent en priorité un exemplaire accompagné de son moniteur d'origine, au connecteur propriétaire spécifique à Olivetti, plutôt qu'un châssis seul difficile à faire fonctionner sans écran compatible. Le double lecteur de disquettes 360 Ko, mécaniquement simple, se révèle généralement plus facile à remettre en état que l'alimentation interne, souvent fatiguée après plusieurs décennies d'utilisation ou de stockage.

Le M24 illustre plus largement une pratique industrielle fréquente au début des années 1980, où plusieurs constructeurs préféraient s'appuyer sur des partenaires locaux déjà implantés plutôt que de construire leur propre réseau de distribution à l'international, une stratégie qui réduisait les risques commerciaux tout en accélérant la diffusion d'une même architecture matérielle sur plusieurs continents à la fois.

Les manuels d'utilisation fournis à l'achat, souvent conservés par les collectionneurs actuels, détaillent l'ensemble des connecteurs propriétaires de la machine et restent une référence utile pour quiconque cherche à identifier un câble ou un accessoire d'origine sans schéma constructeur publié par ailleurs.

Le clavier azerty accentué, pensé spécifiquement pour le marché francophone, distingue également les exemplaires vendus sous la marque Logabax de certaines versions AT&T ou Xerox destinées au marché américain, dont la disposition qwerty diffère sensiblement.

Le poids de 30 kg, réparti entre le châssis et un moniteur séparé tout aussi lourd, rappelle que la portabilité n'était absolument pas un critère de conception pour ce type de machine de bureau professionnelle du milieu des années 1980.

Un exemplaire encore accompagné de son carton d'emballage d'origine, rarement conservé après quarante ans, ajoute une valeur notable pour un collectionneur cherchant une pièce la plus complète possible.

Le connecteur clavier propriétaire, distinct du standard AT plus tard généralisé, constitue un autre détail à vérifier avant tout achat séparé de périphériques de remplacement pour cette machine.

Questions fréquentes

L'Olivetti M24 et l'AT&T PC 6300 sont-ils la même machine ?

Oui, il s'agit du même châssis et de la même carte mère, rebadgés sous des noms différents selon le marché : Olivetti M24 en Europe, AT&T PC 6300 aux États-Unis à partir de juin 1984, Xerox 6060 également aux États-Unis, et Logabax 1600 sur le marché français.

Pourquoi l'Olivetti M24 était-il plus rapide que l'IBM PC XT ?

Son processeur Intel 8086 tourne à 8 MHz contre seulement 4,77 MHz pour le 8088 de l'IBM PC XT, un écart de fréquence réel qui se traduisait par des temps de calcul sensiblement plus courts sur les applications professionnelles courantes de l'époque, sans changer la compatibilité logicielle globale.

Le M24 pouvait-il accueillir un coprocesseur mathématique ?

Oui, un coprocesseur arithmétique Intel 8087 était proposé en option, en complément du processeur principal 8086, une configuration destinée aux calculs professionnels intensifs, alors peu courants sur une machine de bureau grand public de cette période au milieu des années 1980.

Quelle résolution graphique proposait l'Olivetti M24 ?

Jusqu'à 640 × 400 points en mode monochrome, une définition supérieure à la carte CGA standard de l'IBM PC de la même période, particulièrement appréciée pour le traitement de texte et les applications de gestion où la finesse du texte affiché comptait davantage que la couleur.

L'Olivetti M24 intégrait-il un disque dur de série ?

Non, la configuration de base comprenait un double lecteur de disquettes 360 Ko ; un disque dur de 10 Mo était disponible en option moyennant un supplément notable, une configuration alors réservée aux utilisateurs professionnels aux besoins de stockage plus importants que la moyenne.

À quoi faire attention en recherchant un Olivetti M24 d'occasion ?

Privilégier un exemplaire avec son moniteur d'origine, au connecteur propriétaire spécifique à Olivetti, plutôt qu'un châssis seul difficile à faire fonctionner sans écran compatible. L'alimentation interne, souvent fatiguée après des décennies, reste le point de vigilance le plus fréquent à vérifier.