CATÉGORIE Ordinateurs ANNÉE 1987 CONSTRUCTEUR Commodore

Commodore Amiga 2000 : fiche technique du modèle professionnel

Décliné en boîtier tour extensible, l'Amiga 2000 vise dès 1987 un public professionnel et créatif, avec cinq emplacements d'extension internes là où l'Amiga 500 se limite à un clavier tout-en-un.

Moniteur Commodore relié à un Amiga 2000, affichant le bureau Workbench avec les icônes Ram Disk, System et Work
Écran Workbench affiché sur le moniteur Commodore relié à l'Amiga 2000 de la collection.
Spécifications techniques
ConstructeurCommodore (États-Unis)
MicroprocesseurMotorola 68000 (16 bits) à 7,19 MHz
Mémoire vive (RAM)1 Mo « Chip RAM », extensible jusqu'à 8 Mo de « Fast RAM » par carte d'extension
Mémoire morte (ROM)256 Ko (Kickstart 1.3) ou 512 Ko (Kickstart 2.0)
Affichage texteRedéfinissable, jusqu'à 92×50 caractères
Capacités graphiques320×256 ou 320×512 en 32, 64 (EHB) ou 4096 (HAM) couleurs parmi 4096 · 640×256 ou 640×512 en 16 couleurs parmi 4096 · 768×576 entrelacé en overscan · 8 sprites matériels, blitter, copper
Capacités sonores4 voies PCM 8 bits, 8 octaves en DMA (28 kHz max.), filtre passe-bas commutable par logiciel
ClavierClavier séparé AZERTY 96 touches, avec pavé numérique et touches de fonction
InterfacesVidéo péritel ou moniteur RVB · vidéo composite monochrome · audio stéréo (RCA) · 2 ports joystick/souris format Atari · lecteur de disquettes externe · modem RS232 · parallèle bidirectionnel · 5 emplacements internes Zorro II · 4 emplacements passifs PC XT/AT pour émulateurs matériels · connecteur vidéo interne genlock/flickerfixer · bus CPU interne pour cartes accélératrices
StockageLecteur de disquettes 3,5 pouces double densité (880 Ko) intégré · emplacement libre pour un second lecteur 5,25 ou 3,5 pouces · disque dur SCSI en interne
Système d'exploitationAmigaDOS et Workbench 1.2, 1.3 ou 2.0
Dimensions59 × 47 × 15 cm
Poids7 kg
Mise en vente1987

L'Amiga 2000 rejoint le catalogue Commodore en 1987, quelques mois après l'annonce du plus abordable Amiga 500, avec lequel il partage l'essentiel de l'architecture : même processeur Motorola 68000 à 7,19 MHz, même chipset graphique et sonore hérité de l'Amiga 1000 originel. La différence tient entièrement au boîtier et à sa vocation : là où l'Amiga 500 loge tout dans un clavier compact tout-en-un, l'Amiga 2000 adopte un format tour desktop pensé pour l'expansion, avec un clavier détaché relié par câble.

Cinq emplacements internes pour une machine évolutive

Le châssis de l'Amiga 2000 loge cinq emplacements d'extension au format Zorro II, le bus propriétaire Commodore permettant d'ajouter cartes vidéo, cartes son ou contrôleurs de stockage supplémentaires sans intervention lourde sur l'électronique d'origine. Quatre emplacements passifs additionnels, compatibles PC XT et AT, permettent en complément d'installer une carte d'émulation matérielle capable de faire tourner des logiciels MS-DOS directement depuis l'environnement Amiga, une capacité rare pour une machine de cette génération et particulièrement recherchée par une clientèle professionnelle devant composer avec les deux mondes logiciels.

Un chipset partagé avec l'Amiga 500, mais plus de mémoire d'origine

Contrairement à l'Amiga 500 qui démarre avec 512 Ko de « Chip RAM », l'Amiga 2000 embarque d'origine 1 Mo de cette même mémoire rapide, directement accessible aux puces graphiques et sonores. Cette différence, modeste sur le papier, facilite l'exécution de logiciels professionnels gourmands en mémoire d'affichage, notamment les outils de titrage vidéo et d'incrustation qui constituent l'un des débouchés commerciaux majeurs de la gamme Amiga à la fin des années 1980.

Un connecteur genlock pensé pour la vidéo

La présence d'un connecteur vidéo interne dédié au genlock et au flickerfixer distingue nettement l'Amiga 2000 des modèles grand public de la gamme. Cette interface permet de synchroniser le signal vidéo de la machine avec une source externe – caméra, magnétoscope – une fonctionnalité recherchée par les studios de production vidéo amateurs et semi-professionnels qui adoptent l'Amiga au tournant des années 1990 pour l'incrustation de titres et d'effets sur des cassettes VHS ou S-VHS.

Un disque dur SCSI en interne, une rareté à l'époque

Le boîtier tour de l'Amiga 2000 prévoit un emplacement pour un disque dur SCSI interne, une option encore peu répandue sur les micro-ordinateurs domestiques de la période, la plupart des machines familiales de la fin des années 1980 se contentant d'un ou deux lecteurs de disquettes. Cette possibilité de stockage permanent, combinée aux emplacements Zorro II, explique la réputation de machine évolutive et durable acquise par l'Amiga 2000 auprès d'utilisateurs prêts à investir progressivement dans leur configuration.

Un positionnement commercial distinct de l'Amiga 500

Vendu à un tarif nettement supérieur à celui de l'Amiga 500 lors de sa commercialisation, l'Amiga 2000 vise une clientèle professionnelle ou passionnée disposée à investir dans l'extensibilité plutôt qu'à rechercher la machine familiale la plus abordable. Ce positionnement explique pourquoi le modèle reste aujourd'hui moins répandu dans les collections que l'Amiga 500, diffusé à des volumes bien supérieurs sur le marché grand public européen.

Les deux machines partagent malgré tout le même système d'exploitation AmigaDOS et Workbench, et l'essentiel du catalogue logiciel de l'Amiga 500 reste directement compatible avec l'Amiga 2000, moyennant parfois un ajustement mineur lié aux différences de configuration mémoire par défaut entre les deux modèles.

Retrouver aujourd'hui un exemplaire complet, boîtier tour, clavier détaché et moniteur d'époque assortis, reste un objectif plus exigeant que pour l'Amiga 500 bien plus répandu, ce qui explique l'attention particulière portée par les collectionneurs aux exemplaires encore accompagnés de leurs cartes d'extension d'origine.

Une couverture régulière dans la presse informatique

La revue française Science et Vie Micro consacre plusieurs articles à la machine lors de sa commercialisation, aux côtés de titres anglo-saxons comme Byte ou Compute! Magazine qui couvrent également les capacités d'extension de la gamme professionnelle Commodore. Cette attention éditoriale, comparable à celle réservée aux stations de travail concurrentes plus onéreuses, témoigne du positionnement particulier occupé par l'Amiga 2000 entre le marché familial et le segment professionnel naissant de la création assistée par ordinateur.

L'exemplaire conservé dans la collection illustre bien cet usage : relié à un moniteur Commodore d'époque affichant l'environnement Workbench, il reste aujourd'hui fonctionnel après une remise en état comprenant notamment le remplacement préventif de la pile de sauvegarde interne, un point de vigilance commun à l'ensemble de la gamme Amiga des années 1980.

Questions fréquentes

Quelle est la principale différence entre l'Amiga 2000 et l'Amiga 500 ?

Le boîtier et l'extensibilité : l'Amiga 500 loge tout dans un clavier compact, tandis que l'Amiga 2000 adopte un format tour avec clavier détaché et cinq emplacements d'extension internes au format Zorro II. Les deux machines partagent en revanche le même processeur et le même chipset graphique et sonore d'origine.

L'Amiga 2000 peut-il faire tourner des logiciels MS-DOS ?

Oui, à condition d'installer une carte d'émulation matérielle dans l'un des quatre emplacements passifs compatibles PC XT/AT prévus à cet effet. Cette capacité rare pour l'époque permettait d'exécuter des logiciels MS-DOS directement depuis l'environnement Amiga, sans redémarrer sur une autre machine dédiée.

À quoi sert le connecteur genlock de l'Amiga 2000 ?

Il permet de synchroniser le signal vidéo de la machine avec une source externe comme une caméra ou un magnétoscope, une fonctionnalité recherchée par les studios de production vidéo amateurs pour l'incrustation de titres et d'effets sur cassette VHS ou S-VHS à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

L'Amiga 2000 dispose-t-il d'un disque dur intégré ?

Le boîtier prévoit un emplacement interne pour un disque dur SCSI, une option encore peu répandue sur les machines domestiques de la période. La plupart des configurations vendues à l'origine restaient toutefois limitées aux lecteurs de disquettes, le disque dur demeurant un ajout optionnel réservé aux utilisateurs les plus exigeants.

Les logiciels de l'Amiga 500 fonctionnent-ils sur l'Amiga 2000 ?

Oui, dans leur grande majorité, les deux machines partageant le même système d'exploitation AmigaDOS et Workbench ainsi que le même chipset graphique et sonore. Un ajustement mineur peut parfois être nécessaire du fait des différences de configuration mémoire par défaut entre les deux modèles.

Pourquoi l'Amiga 2000 est-il plus rare aujourd'hui que l'Amiga 500 dans les collections ?

Son tarif de vente nettement supérieur à l'origine l'a réservé à une clientèle professionnelle ou passionnée, contrairement à l'Amiga 500 diffusé à des volumes bien plus importants sur le marché familial européen. Retrouver un exemplaire tour complet avec ses cartes d'extension d'origine reste en conséquence plus exigeant.