CATÉGORIE Consoles ANNÉE 1982 CONSTRUCTEUR CBS Electronics

ColecoVision (CBS) : des portages d'arcade en avance sur son temps

Portée par un chipset graphique nettement en avance sur celui de ses concurrentes directes, la ColecoVision s'est distinguée dès son lancement par la qualité de ses portages de jeux d'arcade.

ColecoVision avec écran affichant l'écran-titre du jeu Donkey Kong, manettes et boîte d'origine
L'exemplaire de la collection, avec ses manettes, sa boîte et ses manuels d'origine.
Spécifications techniques
ConstructeurCBS Electronics (États-Unis)
MicroprocesseurZilog Z80A (8 bits) à 3,58 MHz
Mémoire vive (RAM)16 Ko de mémoire vidéo
Mémoire morte (ROM)Cartouches jusqu'à 16 Ko
Capacités graphiquesChipset TI9918 (ou TI9929A en PAL) · 256×192 points en 15 couleurs plus transparence · 32 sprites monochromes
Capacités sonoresPSG SN76489, 3 voies + canal de bruit
InterfacesPort cartouche · 2 prises joystick DB-9 · sortie RVB péritel · bus d'extension
PériphériquesAdaptateur pour cartouches Atari VCS 2600 · station d'accueil transformant la console en ordinateur Adam (clavier séparé, unité de cassette, imprimante à marguerite) · adaptateur RVB vers antenne SECAM
Dimensions / Poids380 × 240 × 72 mm, 2,1 kg
Mise en vente1982, 2490 F

La ColecoVision doit sa réputation à son chipset graphique Texas Instruments TI9918, nettement plus capable que celui des consoles concurrentes de la même génération. Ce choix technique lui permet de proposer des portages de jeux d'arcade jugés particulièrement fidèles aux bornes originales pour l'époque, un argument commercial de poids sur un marché où la comparaison avec la salle d'arcade restait la référence.

Un adaptateur permettant d'utiliser directement les cartouches de l'Atari VCS 2600 sur la ColecoVision illustre l'ambition de CBS Electronics de capter une partie du catalogue déjà installé chez les possesseurs de la console concurrente. Une station d'accueil séparée, vendue sous le nom Adam, transforme par ailleurs la console en ordinateur complet, avec clavier, unité de cassette et imprimante à marguerite.

Un lancement porté par un coup marketing majeur

La ColecoVision sort en 1982 avec un atout décisif : le portage pack-in de Donkey Kong, alors l'un des jeux d'arcade les plus populaires du moment, fourni directement avec chaque console. Cet accord avec Nintendo, qui cherchait à l'époque un partenaire pour faire connaître ses licences hors des salles d'arcade, a considérablement accéléré l'adoption de la console dès son année de lancement.

Une fin de vie précipitée par le krach de 1983

Malgré ce démarrage réussi, la ColecoVision subit de plein fouet le krach du jeu vidéo nord-américain de 1983, qui voit l'ensemble du marché des consoles de salon s'effondrer face à la concurrence des micro-ordinateurs familiaux, capables de jouer tout en offrant d'autres usages. Le module Adam, censé transformer la console en ordinateur complet pour répondre à cette concurrence, arrive trop tard et souffre de problèmes de fiabilité qui ternissent son accueil commercial.

Un chipset graphique qui a compté dans sa réputation

Le TI9918, déjà utilisé sur certains ordinateurs Texas Instruments, offrait à la ColecoVision des capacités de sprites nettement supérieures à celles de la concurrence directe, ce qui explique pourquoi les portages d'arcade sur cette console sont aujourd'hui encore cités comme des références de fidélité pour cette génération de matériel.

Un module d'expansion qui capte le catalogue Atari

Au-delà de l'adaptateur pour cartouches Atari VCS 2600, Coleco commercialise un premier module d'expansion officiel spécifiquement conçu pour cette compatibilité, une stratégie commerciale assumée pour capter une partie du catalogue déjà installé chez les possesseurs de la console concurrente, alors la mieux implantée du marché nord-américain à cette période.

Cette approche, plutôt inhabituelle pour l'époque, illustre la confiance de Coleco dans les capacités techniques supérieures de sa propre console : plutôt que de craindre la comparaison directe avec les jeux Atari, l'entreprise misait sur son propre catalogue natif, nettement plus abouti graphiquement, pour convaincre les acheteurs une fois la console entre leurs mains.

Une console encore très présente chez les collectionneurs

Malgré sa courte carrière commerciale, la ColecoVision bénéficie aujourd'hui d'une communauté de collectionneurs et de préservateurs particulièrement active, portée par la qualité reconnue de ses portages d'arcade et par la relative rareté du module Adam complet, régulièrement recherché pour compléter une collection consacrée à cette période charnière du jeu vidéo domestique.

Un catalogue natif qui reste une référence

Au-delà des portages d'arcade, la ColecoVision a accueilli plusieurs productions originales pensées spécifiquement pour exploiter son chipset graphique avancé, des titres aujourd'hui encore cités en référence par les historiens du jeu vidéo pour leur qualité technique rapportée à la brièveté de la carrière commerciale de la console sur le marché nord-américain.

Retrouver aujourd'hui une console fonctionnelle avec ses manettes d'origine reste relativement accessible, même si les exemplaires accompagnés du module Adam complet se font nettement plus rares sur le marché de la collection.

Elle demeure une référence incontournable pour qui s'intéresse à l'histoire courte mais dense des consoles de salon du début des années 1980.

Sa manette, dotée d'un pavé numérique inhabituel pour l'époque, reste un détail de design immédiatement reconnaissable entre toutes les consoles de cette génération.

Cette conception soignée de la manette illustre l'attention portée par Coleco au confort de jeu, un soin qui transparaît dans l'ensemble de la console.

Questions fréquentes

La ColecoVision peut-elle lire les cartouches Atari VCS 2600 ?

Oui, via un adaptateur dédié vendu séparément, qui permet d'utiliser directement les cartouches de la console concurrente. Cet accord de licence, négocié directement avec Nintendo au moment du lancement, a été déterminant dans l'adoption rapide de la console dès sa première année de commercialisation en 1982.

Qu'est-ce que le module Adam pour ColecoVision ?

Une station d'accueil qui transforme la console en ordinateur personnel complet, avec clavier séparé, unité de cassette et imprimante à marguerite. Le module Adam a toutefois souffert de problèmes de fiabilité qui ont terni son accueil commercial, arrivant de surcroît trop tard pour répondre efficacement à la concurrence grandissante des micro-ordinateurs familiaux.

Pourquoi la ColecoVision a-t-elle disparu si vite du marché ?

Elle a subi de plein fouet le krach du jeu vidéo nord-américain de 1983, qui a vu l'ensemble du marché des consoles de salon s'effondrer face à la concurrence des micro-ordinateurs familiaux, capables de jouer tout en offrant d'autres usages.

Qu'est-ce qui distinguait le chipset graphique TI9918 de la ColecoVision ?

Ce circuit, déjà utilisé sur certains ordinateurs Texas Instruments, offrait des capacités de sprites nettement supérieures à la concurrence directe, ce qui explique la réputation de fidélité des portages d'arcade proposés sur cette console. Cette station d'accueil ajoutait un clavier complet, une unité de sauvegarde sur cassette et une imprimante à marguerite.

La ColecoVision a-t-elle eu du succès commercial malgré sa courte durée de vie ?

Oui, son lancement en 1982 a été particulièrement réussi grâce au pack-in de Donkey Kong, avant que le krach du jeu vidéo de 1983 et les difficultés du module Adam ne précipitent le déclin commercial de la console l'année suivante.

La ColecoVision reste-t-elle recherchée par les collectionneurs aujourd'hui ?

Oui, en particulier pour la qualité de ses portages d'arcade, jugés très fidèles pour l'époque grâce à son chipset graphique TI9918, ainsi que pour la relative rareté du module Adam complet, aujourd'hui recherché des collectionneurs. Le module Adam complet, en particulier, reste recherché malgré sa réputation de fiabilité mitigée à l'époque.