CATÉGORIE Consoles ANNÉE 2004 CONSTRUCTEUR Nintendo

Nintendo DS (Fat/Tank) : la première portable à deux écrans

Première console portable Nintendo à double écran, la DS introduit un écran tactile et une connectivité Wi-Fi intégrée, deux choix qui structureront toute la génération suivante de consoles portables.

Boîte d'origine de la Nintendo DS première génération (Fat/Tank), coloris argent
La boîte d'origine de la Nintendo DS de première génération, coloris argent.
Spécifications techniques
FabricantNintendo
ModèleDS (Dual Screen) – dite « Fat », « Phat », « Tank » ou « première génération » chez les collectionneurs
Date de fabricationJapon : décembre 2004 · États-Unis : février 2005 · Europe : mars 2005
Production18 790 000 unités
AlimentationBatterie interne lithium-ion 850 mAh, 10 à 14 h d'autonomie (6 à 10 h avec rétroéclairage)
ProcesseurARM946E-S à 66 MHz, secondé d'un sous-processeur ARM7TDMI à 33 MHz
Mémoire4 Mo de RAM (extensible à 32 Mo via le port Game Boy Advance) · 256 Ko de ROM flash
ÉcransDeux écrans TFT LCD 256×192, 260 000 couleurs, dont un tactile
SonHaut-parleurs stéréo
Sans filWi-Fi IEEE 802.11b, WEP uniquement, portée d'environ 30 m
CommandesCroix directionnelle, boutons A/B/X/Y/L/R, Start, Select, molette de volume

La Nintendo DS marque une rupture nette avec la ligne des consoles portables Nintendo précédentes : double écran, dont un tactile piloté au stylet, connectivité Wi-Fi intégrée dès la sortie de boîte, et double processeur ARM pour gérer séparément le système et les applications. Sa rétrocompatibilité avec le catalogue Game Boy Advance, via un second emplacement de cartouche dédié, lui permet de capter immédiatement l'immense bibliothèque logicielle déjà installée chez les joueurs.

Ce premier modèle, identifiable à son boîtier plus épais que les révisions ultérieures (DS Lite, DSi), est resté en production jusqu'en 2006 et a posé les bases – écran tactile, communication sans fil locale et à distance – que la 3DS reprendra ensuite à son tour.

Un pari technique risqué qui a fini par payer

Au moment de sa présentation, la DS surprend par son approche radicalement différente de celle annoncée en parallèle par Sony pour la PSP, alors présentée comme la véritable concurrente directe de la Game Boy Advance. Nintendo mise délibérément sur l'innovation d'usage – double écran, stylet, communication sans fil locale – plutôt que sur la seule puissance brute, un pari qui s'avérera payant commercialement sur le long terme face à une PSP pourtant supérieure sur le papier en termes de capacités graphiques.

Une communication sans fil pensée pour le jeu social local

La fonction PictoChat, intégrée nativement, permet à plusieurs consoles DS à proximité de communiquer sans connexion Internet ni carte de jeu insérée, une fonctionnalité alors inédite qui a largement contribué à l'image « sociale » de la console dans les cours de récréation et les salles de classe au moment de sa sortie.

Une identité visuelle qui distingue nettement ce premier modèle

Le boîtier plus épais et plus lourd de cette première génération, comparé aux révisions ultérieures nettement affinées, reste aujourd'hui le critère principal pour identifier un exemplaire de première génération sur le marché de l'occasion, un repère simple mais fiable pour les collectionneurs.

Entretenir un exemplaire de première génération aujourd'hui

La batterie lithium-ion interne, non conçue pour durer indéfiniment, reste le point de fragilité le plus fréquent sur les exemplaires conservés depuis 2004 : une capacité fortement réduite après deux décennies d'usage ou de stockage est courante, et son remplacement, bien que possible, demande une ouverture soigneuse du boîtier pour ne pas endommager la charnière du double écran.

Les ressorts de charnière, sollicités à chaque ouverture et fermeture de la console pendant des années, peuvent également se détendre avec le temps, un point à vérifier avant tout achat d'occasion pour s'assurer que l'écran supérieur reste bien maintenu en position d'utilisation sans jeu excessif.

Un catalogue qui a marqué toute une décennie

Le catalogue logiciel de la DS, porté à la fois par les grandes licences maison de Nintendo et par une production tierce particulièrement abondante, dépasse au fil des années les mille titres commercialisés à l'échelle mondiale. Cette richesse, rare pour une console portable de cette génération, explique en grande partie la longévité commerciale exceptionnelle de la lignée, qui restera en vente sous une forme ou une autre pendant près d'une décennie complète.

Retrouver aujourd'hui un exemplaire de cette première génération, complet avec sa boîte et son chargeur d'origine, demande davantage de recherche que pour les révisions ultérieures, produites en quantités bien supérieures et restées commercialisées plus longtemps sur le marché.

Cette rareté relative explique pourquoi la DS Fat suscite aujourd'hui un intérêt croissant chez les collectionneurs spécialisés, attachés à retrouver le tout premier modèle d'une lignée qui a durablement marqué l'histoire du jeu vidéo portable.

Cette place particulière dans l'histoire de Nintendo continue d'alimenter l'intérêt qui lui est porté aujourd'hui, bien au-delà de la simple nostalgie.

Elle reste, pour beaucoup, la console qui a démontré que l'innovation d'usage peut compter davantage que la seule puissance de calcul brute.

Un pari qui continue d'influencer la conception des consoles portables aujourd'hui encore.

Une leçon que Nintendo elle-même a reprise sur plusieurs générations de consoles suivantes.

Questions fréquentes

La Nintendo DS de première génération est-elle rétrocompatible avec la Game Boy Advance ?

Oui, via un second emplacement de cartouche dédié, ce qui lui permettait de lire directement le catalogue Game Boy Advance existant. Cette rétrocompatibilité a fortement pesé dans la décision d'achat de nombreux joueurs à la sortie de la console, qui pouvaient ainsi continuer à profiter de leur logithèque Game Boy Advance existante.

Pourquoi ce modèle est-il surnommé « DS Fat » ou « DS Tank » ?

En référence à son boîtier plus épais et plus massif que celui des révisions ultérieures, la DS Lite en particulier, sorties après ce premier modèle. Ce format plus massif, bien que moins pratique au transport que les révisions ultérieures, reste apprécié de certains collectionneurs pour sa robustesse mécanique et sa charnière plus solide sur la durée.

Qu'est-ce que PictoChat sur la Nintendo DS ?

Une fonction de communication sans fil locale intégrée nativement, permettant à plusieurs consoles à proximité d'échanger des messages écrits ou dessinés sans connexion Internet ni carte de jeu insérée, une fonctionnalité alors inédite sur ce type d'appareil. Les compétitions locales organisées à l'époque autour de PictoChat, notamment dans les cours de récréation.

La Nintendo DS a-t-elle mieux réussi commercialement que la PSP de Sony ?

Oui, malgré des capacités graphiques inférieures sur le papier, la DS s'est imposée durablement grâce à son approche centrée sur l'usage – double écran, stylet, jeu social local – plutôt que sur la seule puissance brute de calcul. Sony misait avant tout sur des capacités graphiques supérieures et un format multimédia élargi, quand Nintendo privilégiait l'innovation d'usage.

Combien de temps ce premier modèle de DS est-il resté en production ?

Jusqu'en 2006, année de l'arrivée de la DS Lite, une révision au boîtier nettement affiné qui a rapidement remplacé ce premier modèle plus épais et massif dans les rayons, sans changement majeur des capacités techniques internes. Les révisions ultérieures ont conservé l'essentiel de l'architecture interne de ce premier modèle.

Quel est le principal point de fragilité d'une DS de première génération aujourd'hui ?

La batterie lithium-ion interne, dont la capacité diminue fortement après deux décennies d'usage ou de stockage. Les ressorts de charnière méritent aussi une vérification avant achat, pour s'assurer que l'écran supérieur reste bien maintenu sans jeu excessif. Ce chiffre place la DS parmi les consoles portables les plus vendues de l'histoire.