| Constructeur | Milton Bradley (États-Unis) |
|---|---|
| Année de sortie | 1979 |
| Processeur | Texas Instruments TMS1100, intégré à chaque cartouche |
| Affichage | LCD monochrome 16×16 pixels |
| Support de jeu | Cartouches interchangeables intégrant leur propre processeur et leur propre logique de commande |
| Catalogue | Une douzaine de titres officiels publiés entre 1979 et 1981 |
| Alimentation | Piles 9V standard |
La Microvision, lancée par le fabricant de jeux de société Milton Bradley en 1979, invente un principe qui deviendra la norme des décennies plus tard : une console de jeu portable à écran intégré, capable d'accueillir des cartouches de jeu interchangeables plutôt que de proposer un seul jeu figé, comme c'était alors la norme sur les consoles portables concurrentes de la même période.
Un choix technique radical : le processeur dans la cartouche
Contrairement aux consoles à cartouches qui suivront, la Microvision embarque son processeur directement dans chaque cartouche plutôt que dans la console elle-même. Cette architecture, dictée par les limites de miniaturisation de l'époque, permet à chaque jeu d'utiliser une puce Texas Instruments TMS1100 dédiée et optimisée spécifiquement pour son propre programme, plutôt que de partager un processeur générique unique avec tous les autres titres du catalogue.
Un écran LCD encore expérimental à cette échelle
L'écran à cristaux liquides monochrome de 16×16 pixels, une résolution extrêmement modeste même pour l'époque, représente malgré tout une prouesse technique en 1979 : peu de fabricants avaient alors tenté d'intégrer un affichage LCD directement dans un appareil de jeu portable grand public, la plupart des consoles portables antérieures s'appuyant sur des diodes électroluminescentes plus simples à produire mais bien moins flexibles graphiquement.
Un succès commercial de courte durée
Malgré son statut de pionnière, la Microvision souffre rapidement de plusieurs limites techniques réelles : un écran fragile, sujet à des dommages irréversibles en cas de choc ou de forte chaleur, et une résolution si limitée qu'elle contraint fortement la conception des jeux disponibles. Ces limites, combinées à l'arrivée de concurrents plus robustes au tout début des années 1980, précipitent l'arrêt de la production de la console dès 1981, à peine deux ans après son lancement.
Un catalogue de jeux restreint mais varié
Une douzaine de titres officiels seulement voient le jour durant la courte carrière commerciale de la console, couvrant des genres variés malgré la contrainte extrême de résolution : jeux de réflexes, puzzle games, et adaptations simplifiées de concepts d'arcade populaires à l'époque, chacun profitant pleinement de son propre processeur dédié pour compenser en partie les limites de l'écran.
Une influence reconnue malgré son échec commercial
Si la Microvision n'a pas connu le succès commercial escompté par Milton Bradley, elle est aujourd'hui largement reconnue par les historiens du jeu vidéo comme la toute première console de jeu portable à cartouches interchangeables de l'histoire, un concept que Nintendo reprendra avec bien plus de succès quelques années plus tard avec sa propre gamme Game Boy.
Cette filiation conceptuelle, aujourd'hui bien documentée par la recherche historique sur le jeu vidéo, fait de la Microvision une pièce particulièrement recherchée par les collectionneurs spécialisés dans l'histoire des débuts du jeu vidéo portable, malgré la fragilité bien connue de son écran d'origine qui rend les exemplaires pleinement fonctionnels aujourd'hui relativement rares.
Un fabricant de jeux de société qui prend un pari technologique
Milton Bradley, jusque-là surtout connu pour ses jeux de société traditionnels, prend avec la Microvision un pari audacieux sur l'électronique grand public, à une période où peu de fabricants du secteur du jouet osaient s'aventurer sur ce terrain technique encore largement dominé par des entreprises spécialisées en électronique pure.
Ce pari, s'il ne se traduit pas par un succès commercial durable, positionne néanmoins durablement Milton Bradley comme un acteur pris au sérieux dans l'histoire du jeu électronique, une réputation qui profitera à l'entreprise pour ses productions ultérieures dans le secteur du jouet électronique tout au long des années 1980.
Une console encore mal connue du grand public aujourd'hui
Contrairement à des pionnières plus célèbres comme l'Atari VCS, la Microvision demeure relativement méconnue en dehors des cercles spécialisés en histoire du jeu vidéo, malgré son rôle fondateur dans l'invention du concept de cartouche interchangeable sur une console portable, un concept qui structurera pourtant l'ensemble de l'industrie du jeu portable pendant les décennies suivantes.
Toute collection consacrée aux origines du jeu vidéo portable gagne à s'y arrêter.
Elle a marqué, à sa façon modeste, les débuts du jeu vidéo portable moderne.
Questions fréquentes
La Microvision est-elle la première console portable de l'histoire ?
Elle est généralement créditée comme la première console portable à cartouches interchangeables, lancée en 1979 par Milton Bradley. Des jouets électroniques portables à jeu unique existaient déjà auparavant, mais sans ce principe de cartouches remplaçables. Cette antériorité conceptuelle, aujourd'hui bien documentée par la recherche historique sur le jeu vidéo.
Pourquoi le processeur de la Microvision se trouve-t-il dans la cartouche plutôt que dans la console ?
Cette architecture, dictée par les limites de miniaturisation de l'époque, permettait à chaque jeu d'utiliser une puce Texas Instruments TMS1100 dédiée et optimisée pour son propre programme, plutôt que de partager un processeur générique unique. Cette approche, coûteuse à produire à grande échelle, sera d'ailleurs abandonnée par la quasi-totalité des consoles à cartouches ultérieures.
Pourquoi la Microvision a-t-elle connu une carrière commerciale aussi courte ?
Son écran LCD fragile, sujet à des dommages irréversibles en cas de choc ou de forte chaleur, combiné à une résolution très limitée de 16×16 pixels, a précipité son retrait du marché dès 1981, deux ans seulement après son lancement.
Combien de jeux existent pour la Microvision ?
Une douzaine de titres officiels seulement ont été publiés durant la courte carrière commerciale de la console entre 1979 et 1981, couvrant des genres variés malgré la contrainte extrême de résolution de son écran LCD. Cette combinaison de facteurs illustre bien les limites réelles rencontrées par de nombreuses innovations technologiques précoces de la fin des années 1970.
La Microvision a-t-elle influencé la Game Boy de Nintendo ?
Elle est aujourd'hui largement reconnue par les historiens du jeu vidéo comme la première console portable à cartouches interchangeables, un concept que Nintendo reprendra avec bien plus de succès commercial quelques années plus tard avec sa gamme Game Boy. Cette diversité relative, malgré un catalogue restreint.
Est-il facile de trouver une Microvision fonctionnelle aujourd'hui ?
Non, la fragilité bien connue de son écran LCD d'origine rend les exemplaires pleinement fonctionnels relativement rares aujourd'hui, ce qui en fait une pièce recherchée par les collectionneurs spécialisés dans l'histoire du jeu vidéo portable. Un exemplaire complet, boîte et cartouches d'origine comprises, reste un objectif ambitieux pour la plupart des collectionneurs actuels.
