CATÉGORIE Ordinateurs ANNÉE 1985 CONSTRUCTEUR Matra-Hachette

Alice 90 Matra-Hachette : la RAM multipliée par huit

Sortie en 1985, l'Alice 90 révise en profondeur l'Alice 32 avec une mémoire vive multipliée par huit et un nouveau chipset vidéo, sans toutefois retrouver le succès commercial du premier modèle.

Boîte de l'Alice 90 Matra-Hachette, illustrée d'un personnage assis parmi des coussins, avec la mention « Une merveille de simplicité »
Boîte d'origine de l'Alice 90 Matra-Hachette, dans la collection.
Spécifications techniques
ConstructeurMatra-Hachette (France)
MicroprocesseurMotorola MC 6803 P à 1 MHz
Mémoire vive (RAM)32 Ko, dont 8 Ko de mémoire vidéo
Mémoire morte (ROM)16 Ko, Basic Microsoft + éditeur assembleur
Affichage texte32×16 caractères en 8 couleurs, avec vidéo inversée
Capacités graphiquesChipset EF9345P · 64×32 en 9 couleurs · 160×125 en 4 couleurs · 320×250 maximum
Capacités sonores1 voie sur 5 octaves
ClavierType machine à écrire, AZERTY
InterfacesRS-232C · Péritel · lecteur de cassettes · bus d'extension
PériphériquesImprimante thermique 40 colonnes (895 F) · bras robotisé (3 995 F)
Dimensions65 × 365 × 190 mm (H×L×P)
Poids1,2 kg
Mise en vente1985
Prix1 495 F

L'Alice 90 sort en 1985, deux ans après l'Alice 32 dont elle reprend l'architecture générale tout en révisant en profondeur plusieurs de ses composants. Matra et Hachette poursuivent avec ce modèle la même stratégie de distribution qui avait fait le succès relatif du premier Alice : toucher un public familial via le réseau de librairies et de kiosques Hachette, plutôt que par les seuls circuits spécialisés en informatique.

Une mémoire vive multipliée par huit

Le changement le plus visible concerne la mémoire vive, qui passe de 4 Ko en configuration de base sur l'Alice 32 à 32 Ko sur l'Alice 90, dont 8 Ko réservés à la mémoire vidéo. Cette augmentation substantielle permet d'envisager des programmes bien plus ambitieux que sur le modèle précédent, sans nécessiter l'extension mémoire externe autrefois quasi indispensable pour dépasser le stade de la simple démonstration.

Un nouveau chipset vidéo, plus proche des standards professionnels

L'Alice 90 abandonne le chipset Motorola 6847 de l'Alice 32 au profit d'un EF9345P, un circuit vidéo également utilisé dans plusieurs terminaux professionnels de l'époque pour ses capacités semi-graphiques. Ce changement porte la définition graphique maximale à 320×250 points, contre des résolutions bien plus modestes sur le modèle précédent, tout en conservant la même palette de 8 couleurs en mode texte.

Un clavier repensé pour un usage plus soutenu

Contrairement à l'Alice 32 et son clavier de type calculatrice aux touches plates, l'Alice 90 adopte un clavier de type machine à écrire, plus confortable pour une frappe prolongée. Ce choix reflète une ambition affichée par Matra-Hachette de positionner ce second modèle un cran au-dessus du premier, davantage tourné vers un usage éducatif et bureautique que vers la simple initiation ludique.

Le même catalogue d'accessoires que l'Alice 32

L'Alice 90 conserve la compatibilité avec l'essentiel du catalogue de périphériques déjà proposé pour l'Alice 32 : imprimante thermique 40 colonnes à 895 F et bras robotisé pédagogique à 3 995 F, ce dernier restant l'un des accessoires les plus atypiques jamais proposés pour une machine familiale française de cette période, pensé pour initier les jeunes utilisateurs à la robotique programmée.

Un échec commercial malgré des ambitions techniques réelles

Malgré ces améliorations techniques réelles, l'Alice 90 ne rencontre pas le succès commercial espéré par Matra-Hachette : sa diffusion reste limitée, essentiellement au marché français, et le modèle marque en pratique la fin de la lignée Alice, sans successeur direct annoncé par la suite. Le marché français du micro-ordinateur familial, déjà occupé par des concurrents mieux établis, laisse peu de place à un second modèle Alice pour s'imposer durablement.

Une pièce aujourd'hui recherchée par les collectionneurs de la gamme

Précisément en raison de cette diffusion restreinte, un exemplaire complet d'Alice 90, boîte et logiciels d'origine compris, se révèle aujourd'hui plus difficile à retrouver que l'Alice 32 qui l'a précédée, malgré une production plus récente. Les collectionneurs attachés à documenter l'ensemble de la gamme Alice considèrent généralement ce second modèle comme la pièce la plus délicate à réunir en bon état de la lignée complète.

Comparer aujourd'hui les deux générations d'Alice permet de mesurer concrètement l'évolution technique accomplie par Matra-Hachette en seulement deux ans, entre une machine d'initiation modeste et un second modèle nettement plus ambitieux sur le papier, mais rattrapé par un marché déjà en pleine recomposition.

Une fonction d'incrustation vidéo héritée du monde professionnel

Le chipset EF9345P, également employé dans plusieurs terminaux professionnels de l'époque, autorise sur l'Alice 90 une fonction rare sur une machine familiale : l'incrustation de graphismes générés par l'ordinateur sur un signal vidéo externe, une capacité héritée directement du monde des terminaux Minitel et des équipements de télétexte, plutôt que conçue à l'origine pour un usage ludique domestique.

Un marché français déjà densément occupé en 1985

Au moment de sa sortie, l'Alice 90 doit composer avec une concurrence française déjà solidement installée : le Thomson MO5, porté par le plan gouvernemental « Informatique pour tous », et l'Oric Atmos, tous deux bénéficiant d'un catalogue logiciel et d'une image de marque plus établis auprès du grand public que la gamme Alice, malgré le soutien commercial que représentait le réseau de distribution Hachette.

Questions fréquentes

L'Alice 90 est-elle une évolution de l'Alice 32 ?

Oui, elle en reprend l'architecture générale tout en révisant en profondeur plusieurs composants : mémoire vive portée à 32 Ko contre 4 Ko en base, nouveau chipset vidéo EF9345P et clavier de type machine à écrire remplaçant le clavier calculatrice du premier modèle.

Quelle est la principale différence graphique entre l'Alice 32 et l'Alice 90 ?

Le passage du chipset Motorola 6847 au EF9345P, qui porte la définition graphique maximale à 320×250 points sur l'Alice 90, contre des résolutions bien plus modestes sur l'Alice 32, tout en conservant la même palette de 8 couleurs en mode texte.

L'Alice 90 a-t-elle rencontré le succès commercial ?

Non, malgré des améliorations techniques réelles par rapport à l'Alice 32, sa diffusion reste limitée essentiellement au marché français, et le modèle marque en pratique la fin de la lignée Alice, sans successeur direct annoncé par Matra-Hachette par la suite.

Le bras robotisé de l'Alice 32 fonctionne-t-il aussi avec l'Alice 90 ?

Oui, l'Alice 90 conserve la compatibilité avec l'essentiel du catalogue de périphériques déjà proposé pour l'Alice 32, dont ce bras robotisé pédagogique vendu 3 995 F, l'un des accessoires les plus atypiques jamais proposés pour une machine familiale française de l'époque.

Pourquoi le clavier de l'Alice 90 diffère-t-il de celui de l'Alice 32 ?

Le premier modèle utilisait un clavier de type calculatrice aux touches plates, hérité du Tandy MC-10 américain à l'origine de la gamme. L'Alice 90 adopte un clavier de type machine à écrire, plus confortable pour une frappe prolongée et pensé pour un usage éducatif plus soutenu.

Un exemplaire d'Alice 90 est-il facile à trouver aujourd'hui ?

Non, en raison de sa diffusion commerciale restreinte à sa sortie, un exemplaire complet se révèle aujourd'hui plus difficile à réunir que l'Alice 32 qui l'a précédée, malgré une production plus récente, ce qui en fait une pièce recherchée par les collectionneurs de la gamme complète.