| Constructeur | Exelvision (France) |
|---|---|
| Microprocesseur | TMS 7020 (Texas Instruments) à 4,91 MHz, coprocesseur TMS 7041 pour les entrées/sorties |
| Mémoire vive (RAM) | 34 Ko (2 Ko pour le TMS 7020 + 32 Ko de mémoire vidéo) |
| Mémoire morte (ROM) | 4 Ko, extensible à 32 Ko |
| Affichage texte | 40 × 24 caractères |
| Capacités graphiques | 320 × 200 points, 8 couleurs, processeur vidéo dédié TMS 3556 |
| Capacités sonores | Synthétiseur vocal intégré TMS 5220A |
| Clavier | Clavier séparé sans fil (infrarouge), azerty, 61 touches |
| Interfaces | Interface cassette (DIN 5 broches), sortie vidéo RGB (péritel), emplacement cartouche ROM, emplacement d'extension, emplacement carte RAM |
| Périphériques | Carte RAM CMOS optionnelle (16 ou 64 Ko), lecteurs de disquette 3 pouces en option |
| Logiciels | CROS (système Exelvision), ExelDOS pour les disquettes |
| Dimensions | 40 × 30 × 6,5 cm |
| Mise en vente | 1984, 3190 F, puis 2690 F en 1985 |
L'EXL 100 est le premier et unique ordinateur conçu par Exelvision, société fondée par trois anciens ingénieurs français de Texas Instruments qui se lancent dans l'aventure de la micro-informatique 8 bits en 1984, en pleine effervescence du plan gouvernemental d'équipement informatique des écoles françaises.
Un clavier et des manettes entièrement sans fil
Sa caractéristique la plus marquante reste l'absence totale de câble entre l'unité centrale et ses périphériques d'entrée : clavier et manettes de jeu communiquent par liaison infrarouge, un choix inspiré du monde professionnel et rarissime sur une machine grand public de cette période. Exelvision avait délibérément séparé le clavier du boîtier principal pour permettre un usage davantage assis confortablement, à distance de l'écran de télévision auquel la machine se raccordait.
Un synthétiseur vocal intégré, capable de parler français
L'EXL 100 embarque également un synthétiseur vocal TMS 5220A capable de restituer une voix synthétique en français, une fonctionnalité alors peu répandue sur les micro-ordinateurs personnels et davantage associée aux jouets électroniques éducatifs. Deux microprocesseurs travaillent de concert dans la machine : un TMS 7020 pour le calcul général et un TMS 7041 dédié aux entrées-sorties, une répartition des tâches qui simplifie la gestion simultanée du graphisme, du son et de la liaison infrarouge.
Recalée du plan gouvernemental qu'elle visait pourtant
Le directeur général d'Exelvision parvient dans un premier temps à faire inscrire l'EXL 100 au « plan Informatique pour tous », ce qui permet sa vente aux établissements de l'Éducation nationale dès 1985. Mais la poursuite du plan sous le gouvernement Fabius écarte finalement la machine au profit des modèles Thomson – notamment le TO7 et le MO5 – déjà largement installés dans les écoles françaises, un revers commercial dont Exelvision ne se relèvera pas.
Un succès commercial resté modeste
Environ 9000 exemplaires de l'EXL 100 sont vendus au total, un chiffre modeste comparé aux ventes des machines Thomson de la même période, malgré des choix techniques réellement originaux pour l'époque. La faible disponibilité de logiciels tiers, conséquence directe d'une diffusion limitée, a probablement pesé autant que l'éviction du plan gouvernemental dans cet échec commercial.
Repérer un exemplaire complet aujourd'hui
La liaison infrarouge entre le clavier et l'unité centrale reste le point le plus sensible sur les exemplaires retrouvés aujourd'hui : une pile faible ou un émetteur défaillant suffit à rendre le clavier inopérant, y compris lorsque l'unité centrale elle-même fonctionne normalement. Un exemplaire complet avec ses deux manettes d'origine reste par ailleurs nettement plus recherché que l'unité centrale seule.
Le « plan Informatique pour tous », lancé en janvier 1985 par le gouvernement de Laurent Fabius, vise à équiper l'ensemble des écoles françaises en micro-ordinateurs dans un délai très resserré, dans le cadre d'une politique industrielle plus large destinée à soutenir les constructeurs nationaux. L'ampleur des commandes publiques générées par ce plan en fait un enjeu commercial considérable pour tout constructeur français de l'époque, ce qui explique l'importance de l'éviction d'Exelvision au profit de Thomson dans le destin commercial de l'EXL 100.
Les deux manettes de jeu fournies avec la machine reprennent le même principe de liaison infrarouge que le clavier, chacune dotée d'un pavé numérique complet en plus du stick directionnel, une configuration pensée pour des jeux de stratégie ou de gestion autant que pour l'action pure, domaine où la concurrence de la même période proposait généralement des manettes bien plus sommaires.
La disparition rapide d'Exelvision après l'échec de l'EXL 100 illustre la difficulté qu'ont rencontrée plusieurs constructeurs français indépendants de la même période à exister durablement face à des acteurs mieux installés comme Thomson, dont la position privilégiée dans les commandes publiques scolaires assurait des débouchés commerciaux qu'un nouvel entrant ne pouvait pas espérer égaler aussi rapidement.
Les cartouches logicielles ExelBasic, vendues séparément, permettaient d'étendre les capacités de programmation de la machine au-delà du langage intégré en mémoire morte, un usage pédagogique cohérent avec l'ambition initiale d'inscription au plan gouvernemental d'équipement scolaire.
Questions fréquentes
Qui a fondé la société Exelvision ?
Trois anciens ingénieurs français de Texas Instruments, qui se lancent dans la micro-informatique grand public en 1984 avec l'EXL 100, seule machine jamais produite par la société avant sa disparition rapide face à la concurrence des constructeurs déjà installés comme Thomson.
Comment fonctionnait le clavier sans fil de l'Exelvision EXL 100 ?
Le clavier et les deux manettes de jeu communiquaient avec l'unité centrale par liaison infrarouge, sans aucun câble, un choix inspiré du monde professionnel et rarissime sur une machine grand public de cette période, y compris parmi les concurrentes françaises directes de la machine.
L'EXL 100 pouvait-il vraiment parler français ?
Oui, grâce à un synthétiseur vocal TMS 5220A intégré, capable de restituer une voix synthétique en français, une fonctionnalité alors peu répandue sur les micro-ordinateurs personnels et davantage associée aux jouets électroniques éducatifs de la même génération que la machine.
Pourquoi l'EXL 100 n'a-t-il pas percé dans les écoles françaises ?
La machine avait d'abord été incluse au plan « Informatique pour tous » lancé en janvier 1985, mais la poursuite du plan sous le gouvernement Fabius l'a finalement écartée au profit des modèles Thomson TO7 et MO5, déjà largement installés.
Combien d'exemplaires de l'Exelvision EXL 100 ont été vendus ?
Environ 9000 unités au total, un chiffre modeste comparé aux ventes des machines Thomson de la même période, malgré des choix techniques réellement originaux comme la liaison infrarouge sans fil et le synthétiseur vocal intégré capable de parler couramment le français.
Quel est le point de fragilité le plus courant sur un EXL 100 aujourd'hui ?
La liaison infrarouge entre le clavier et l'unité centrale : une pile faible ou un émetteur défaillant suffit à rendre le clavier inopérant, même lorsque l'unité centrale elle-même fonctionne encore normalement, ce qui en fait le premier point à vérifier.
