| Constructeur | Victor Business Products (États-Unis) – commercialisé par Sirius Systems Technology |
|---|---|
| Date de sortie | 1981 |
| Microprocesseur | Intel 8088 à 5 MHz |
| Mémoire vive (RAM) | 128 Ko à 896 Ko |
| Capacités graphiques | 800 × 400 en mode graphique, 80 × 25 en mode texte |
| Capacités sonores | Haut-parleur (bip système) |
| Interfaces | 2 ports série, 1 port parallèle, 4 emplacements d'extension internes non standard |
| Périphériques standards | 2 lecteurs de disquettes 5,25 pouces |
| Logiciels | CP/M-86 ou MS-DOS, livrés sur disquette selon la configuration |
| Mise en vente | 4995 $ à son lancement |
Le Victor 9000 sort aux États-Unis en 1981, quelques mois avant l'arrivée de l'IBM PC. Il est conçu par une équipe d'ingénieurs dirigée par Chuck Peddle, déjà connu pour son rôle dans la conception du processeur MOS 6502 et du Commodore PET. En Europe, la machine est distribuée sous un autre nom : le nom « Sirius » ayant déjà été retenu ailleurs sur le marché américain, l'entreprise commercialise la machine sous celui de Victor aux États-Unis, tandis qu'en Europe elle reste vendue sous licence par la société britannique Applied Computer Techniques (ACT) sous le nom Sirius 1 – la même machine, seule l'identité commerciale change d'un continent à l'autre.
Une résolution graphique en avance sur son temps
Sa carte graphique affiche jusqu'à 800 × 400 points, une définition supérieure à celle de la plupart des machines concurrentes du début des années 1980, y compris l'IBM PC et sa carte CGA. Cette capacité s'explique par un choix d'architecture inhabituel : le contrôleur vidéo génère l'image à partir d'une mémoire dédiée pilotée par un microprocesseur secondaire, ce qui libère le processeur principal Intel 8088 d'une partie du travail d'affichage.
Des disquettes à la capacité inhabituelle
Le second choix technique marquant du Victor 9000 concerne ses lecteurs de disquettes 5,25 pouces. Grâce à un système d'enregistrement à densité variable – la vitesse de rotation change selon la position de la tête de lecture sur le disque – chaque disquette atteint une capacité proche de 1,2 Mo, très supérieure aux 360 Ko habituels des lecteurs 5,25 pouces contemporains. Cette approche améliore la capacité de stockage mais rend les lecteurs incompatibles avec ceux de la concurrence, un choix qui compliquera plus tard l'échange de données avec d'autres machines.
CP/M-86 et MS-DOS en concurrence directe
Le Victor 9000 est livré selon les configurations avec CP/M-86 ou avec MS-DOS, alors tout juste sorti. Cette double compatibilité logicielle en fait, à son lancement, l'une des machines les plus flexibles du marché professionnel, avant que MS-DOS ne s'impose largement au cours des années suivantes comme standard de fait sur les machines compatibles IBM PC.
Un succès commercial de courte durée
Le Sirius 1 devient, un temps, l'ordinateur 16 bits le plus vendu en Europe, porté par la distribution d'ACT au Royaume-Uni. Mais la guerre des prix qui suit l'arrivée de l'IBM PC et de ses nombreux clones rattrape rapidement la société : Sirius Systems Technology dépose son bilan dès 1982, avant d'être restructurée sous le nom Victor Technologies, qui poursuivra une gamme de machines plus conventionnelles et pleinement compatibles IBM PC, à l'image du Victor V286 qui lui succède au milieu des années 1980.
Repérer un exemplaire complet aujourd'hui
La particularité des lecteurs de disquettes à densité variable rend aujourd'hui la lecture des supports d'origine difficile sans matériel compatible d'époque ; les collectionneurs recherchent donc en priorité les exemplaires accompagnés de leurs disquettes et manuels, seule façon fiable de vérifier le bon fonctionnement complet de la machine sans dépendre d'un transfert de données hasardeux.
Porté par la distribution d'ACT au Royaume-Uni, le Sirius 1 devient un temps l'ordinateur 16 bits le plus vendu en Europe, une position de marché que le Victor 9000 n'atteindra jamais avec la même ampleur sur son propre marché américain, où la concurrence de l'IBM PC et de ses clones s'installe plus rapidement encore.
Le clavier détaché, alors encore rare, est une autre particularité du Victor 9000 : la plupart des machines concurrentes du début des années 1980 intègrent encore le clavier directement dans le boîtier principal. Ce choix d'ergonomie, associé à l'écran haute résolution, renforçait l'image d'une machine pensée pour un usage de bureau prolongé plutôt que pour la simple compatibilité logicielle mise en avant par la plupart de ses concurrents directs de l'époque.
Le manuel d'origine, souvent conservé avec la machine, reste une aide précieuse pour comprendre les particularités de configuration du Victor 9000, notamment le réglage des disquettes à densité variable, rarement documenté ailleurs de façon aussi détaillée.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le Victor 9000 et le Sirius 1 ?
Aucune sur le plan matériel – il s'agit de la même machine. Elle est commercialisée sous le nom Victor 9000 aux États-Unis et sous le nom Sirius 1 en Europe, via une licence accordée à la société britannique Applied Computer Techniques (ACT).
D'où vient le nom du Victor 9000 / Sirius 1 ?
Le nom Sirius, initialement prévu par la société, était déjà en usage ailleurs sur le marché américain ; la machine a donc été commercialisée sous le nom Victor aux États-Unis, tout en conservant le nom Sirius 1 pour sa distribution européenne via la société ACT.
Pourquoi les disquettes du Victor 9000 sont-elles peu compatibles avec d'autres machines ?
Elles utilisent un enregistrement à densité variable, la vitesse de rotation changeant selon la position de la tête sur le disque, ce qui augmente la capacité de stockage mais rend le format incompatible avec les lecteurs standards de l'époque, y compris ceux des machines apparues juste après elle.
Le Victor 9000 fonctionnait-il sous MS-DOS ?
Oui, selon la configuration livrée, la machine tournait sous CP/M-86 ou sous MS-DOS, alors tout juste sorti. Cette double compatibilité logicielle en faisait l'une des machines les plus flexibles du marché professionnel à son lancement, avant que MS-DOS ne s'impose largement.
Pourquoi Sirius Systems Technology a-t-elle fait faillite dès 1982 ?
La guerre des prix déclenchée par l'arrivée de l'IBM PC et de ses nombreux clones a rapidement rattrapé l'entreprise, qui dépose son bilan un an à peine après le lancement du Victor 9000, avant d'être restructurée sous le nom Victor Technologies.
À quoi faire attention en recherchant un Victor 9000 ou Sirius 1 d'occasion ?
Privilégier un exemplaire accompagné de ses disquettes et manuels d'origine : le format de disquette à densité variable de la machine complique fortement tout transfert de données depuis un support moderne ou une autre machine d'époque, rendant les originaux d'autant plus précieux.
